La Tour Mohammed VI s’impose désormais comme l’un des nouveaux repères architecturaux du Royaume. Inaugurée récemment par Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay Hassan, elle domine la vallée du Bouregreg et transforme durablement le paysage urbain entre Rabat et Salé.
Avec ses 250 mètres de hauteur, l’édifice devient la plus haute tour du Maroc et figure parmi les constructions les plus imposantes du continent africain. Visible jusqu’à 60 kilomètres à la ronde, elle surplombe l’océan Atlantique, les deux rives du Bouregreg et les principales infrastructures de la capitale.
Le projet avait été lancé par S.M. le Roi Mohammed VI en novembre 2018. Huit années de travaux ont été nécessaires pour mener à bien ce chantier hors norme, porté par O Tower, filiale du Groupe O Capital présidé par Othman Benjelloun. Dès l’origine, la volonté affichée était de doter le Royaume d’un édifice emblématique, capable d’incarner l’ambition du Maroc et son ouverture sur l’Afrique.
La tour a été imaginée par l’architecte espagnol Rafael de la Hoz, en collaboration avec Hakim Benjelloun. Sa silhouette, inspirée d’une fusée sur son pas de tir, symbolise l’élan du Maroc vers l’avenir. Ce choix architectural se retrouve jusque dans sa coiffe sommitale, dont les lignes fuselées accentuent la verticalité de l’ensemble.
Sur 55 étages et plus de 102 000 mètres carrés, la Tour Mohammed VI réunit plusieurs fonctions. Elle accueille des plateaux de bureaux équipés de technologies avancées, des appartements de très haut standing, un hôtel de luxe sous l’enseigne Waldorf Astoria ainsi qu’un observatoire et plusieurs espaces d’exposition.
Le socle de la tour regroupe des restaurants, une galerie d’art, des salles de réception, des espaces de conférence et des services complémentaires. Le projet comprend également des parkings ainsi qu’un ponton fluvial permettant un accès direct depuis le Bouregreg, renforçant ainsi son intégration dans le tissu urbain de la vallée.
Sur le plan technique, la tour repose sur un système de conception dit « Shell and Core », qui concentre les fonctions techniques dans un noyau décentré. Cette configuration permet de libérer de vastes espaces ouverts et lumineux, notamment sur la façade nord. L’enveloppe extérieure se distingue également par un mur-rideau modulaire conçu pour allier transparence, légèreté et performance énergétique.
L’édifice se démarque aussi par son approche environnementale. La façade sud intègre près de 3 900 mètres carrés de panneaux photovoltaïques haute performance. Cette double peau produit une partie de l’énergie nécessaire au fonctionnement de la tour tout en contribuant à réduire les besoins en climatisation. Ces caractéristiques ont permis au bâtiment d’obtenir les certifications LEED Gold et HQE Exceptionnel.
Au sommet de la tour, le 50e étage accueille un observatoire patrimonial offrant une lecture panoramique des monuments et sites majeurs de Rabat et Salé. Juste au-dessus, un cockpit de verre de 22 mètres de hauteur abrite l’exposition permanente « Le ciel parle arabe », consacrée à l’héritage astronomique du monde arabo-andalou.
L’intérieur du bâtiment met également en avant le savoir-faire marocain. Sous la direction artistique de Pierre-Yves Rochon, artisans et designers ont collaboré à la création de nombreux aménagements sur mesure. Portes monumentales, sculptures, fresques murales, pièces de mobilier et éléments de calligraphie composent un parcours artistique rassemblant près de 7 000 œuvres réalisées par 143 artistes marocains et internationaux.
Installée entre le Théâtre Royal et la ligne Al Boraq, la Tour Mohammed VI s’inscrit désormais comme une composante forte de la nouvelle identité visuelle de Rabat. Son image figure déjà sur les nouveaux billets de 200 dirhams émis par Bank Al-Maghrib, preuve de sa place grandissante dans l’imaginaire collectif.
Plus qu’un simple projet immobilier, la Tour Mohammed VI entend porter un message plus large. Elle symbolise un Maroc tourné vers l’innovation, l’excellence architecturale et le rayonnement continental, tout en restant attaché à ses racines culturelles et artisanales.



