Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle version de l’Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC) est entrée en vigueur au Maroc. Ce texte marque une étape clé dans l’évolution du cadre réglementaire, avec une série de mesures destinées à accompagner la montée en puissance de l’économie nationale à l’international.
Élaborée par l’Office des Changes, l’IGOC 2026 introduit des assouplissements notables, en ligne avec la stratégie de libéralisation graduelle du régime de change. Objectif affiché : offrir plus de marge de manœuvre aux investisseurs, aux entrepreneurs, aux citoyens, mais aussi aux opérateurs du e-commerce, aux étudiants et aux résidents étrangers.
Parmi les changements structurants, les start-ups labellisées par l’Agence du Développement du Digital (ADD) peuvent désormais investir jusqu’à 10 millions de dirhams par an à l’étranger, sans exigence d’ancienneté ni de contrôle du chiffre d’affaires à l’export. Un signal fort en faveur de l’innovation et de la compétitivité à l’échelle mondiale.
La dotation e-commerce est portée à 2 millions de dirhams pour les opérateurs économiques et fixée à 20.000 dirhams pour les particuliers, élargissant l’accès aux achats de biens et services à l’international. Les plafonds autorisés pour les voyages d’affaires sont relevés à 1 à 1,5 million de dirhams, tandis que les voyages personnels peuvent être financés jusqu’à 500.000 dirhams par an.
Sur le volet éducatif, les étudiants marocains poursuivant des études à l’étranger peuvent désormais bénéficier d’une dotation mensuelle de 15.000 dirhams, facilitant la couverture de leurs frais dans un contexte d’inflation des coûts de la vie.
Les mesures touchent également les exportations et importations de services, avec des formalités allégées, ainsi que les transferts pour les résidents étrangers, dont la procédure est désormais simplifiée. Le dispositif couvre également les garanties d’actif/passif avec des non-résidents, l’élargissement des instruments de couverture des risques et l’assouplissement des règles encadrant certaines transactions spécifiques.
Enfin, le texte introduit une mesure attendue : les Marocains Résidant à l’Étranger peuvent désormais contracter des crédits immobiliers au Maroc jusqu’à 80 % du montant du bien, sans limite quant au nombre d’acquisitions.
En assouplissant ainsi les règles de change, l’IGOC 2026 reflète une volonté claire des autorités : adapter les cadres financiers aux réalités d’une économie plus mobile, plus connectée, et résolument tournée vers l’international, tout en maintenant une supervision renforcée et progressive.
