Le rapprochement en cours autour de SFR en France pourrait avoir des répercussions au Maroc. Altice France, maison mère de SFR, a annoncé l’ouverture de négociations exclusives avec Bouygues Telecom, Orange et Iliad en vue de la cession de son opérateur. L’opération est valorisée à 20,35 milliards d’euros et pourrait conduire à une transformation majeure du marché français des télécommunications, qui passerait de quatre à trois grands opérateurs.
Selon le projet actuellement étudié, Bouygues Telecom récupérerait 42 % des actifs, Iliad 31 % et Orange 27 %. Les discussions doivent se poursuivre jusqu’au 15 mai afin de finaliser les modalités de l’opération.
Pour le Maroc, ce dossier est suivi avec attention en raison des liens étroits entre plusieurs de ces groupes et le marché local. Orange est déjà fortement implanté dans le Royaume à travers Orange Maroc, tandis qu’Iliad entretient depuis plusieurs années des relations étroites avec le marché marocain, notamment à travers les infrastructures et les activités de centres de services.
Une consolidation du marché français pourrait ainsi modifier les priorités d’investissement, les stratégies internationales et les équilibres concurrentiels des grands groupes actifs au Maroc.
Orange pourrait notamment voir son poids renforcé dans le paysage européen si l’opération aboutit. Cette évolution pourrait avoir des effets indirects sur ses capacités d’investissement dans plusieurs marchés étrangers, dont le Maroc, où l’opérateur reste l’un des principaux acteurs du mobile, de l’internet fixe et des services aux entreprises.
Au-delà du Maroc, ce projet marque surtout un tournant historique pour les télécoms français. Pour la première fois, Altice France accepte de négocier la vente de SFR, un scénario longtemps jugé improbable dans le secteur.
L’opération devra toutefois obtenir l’accord des autorités de concurrence avant de pouvoir être finalisée.



