Le Maroc s’impose comme l’une des principales pistes étudiées par le groupe polonais KGHM Polska Miedź dans sa stratégie de sécurisation de ses approvisionnements en cuivre. L’entreprise cherche à se rapprocher de ses unités de fusion installées en Pologne afin de réduire ses coûts logistiques et de limiter sa dépendance à des sources d’approvisionnement éloignées.
Le groupe, soutenu par l’État polonais, considère désormais le Maroc comme une option sérieuse pour développer de nouveaux projets miniers. Son président-directeur général, Remigiusz Paszkiewicz, a indiqué que des géologues ont déjà été envoyés sur le terrain au Maroc et qu’un premier rapport est attendu dans les deux prochaines semaines.
Cette orientation intervient après la signature, le mois dernier, d’un protocole d’accord entre KGHM Polska Miedź, Office National des Hydrocarbures et des Mines et Managem. Cet accord porte sur une coopération dans le domaine des matières premières et renforce la position du Maroc comme partenaire stratégique dans le secteur minier.
Pour KGHM, une éventuelle mine marocaine pourrait servir à la fois les besoins du groupe et ceux du marché mondial. Le groupe veut conserver une place importante dans le commerce des concentrés de cuivre, alors qu’un peu plus de la moitié de sa production de 2025, soit 710.000 tonnes, provenait déjà de ses propres concentrés.
Le choix du Maroc répond à une logique industrielle et géographique. Plus proche de la Pologne que les actifs chiliens ou américains du groupe, le Royaume offre un accès plus rapide aux marchés européens et des coûts de transport plus compétitifs. KGHM continue néanmoins d’examiner d’autres opportunités en Europe ainsi qu’en Chili et en Argentine.
Dans le même temps, le groupe travaille sur une réorganisation de ses capacités industrielles en Pologne. Sa fonderie de Legnica pourrait être progressivement convertie en site de recyclage, tandis que Glogow deviendrait sa principale unité de fusion.
KGHM prévoit de présenter sa nouvelle stratégie d’ici la fin du trimestre, avec le Maroc désormais placé au centre de ses perspectives de développement à l’international.



