Le Maroc dans le radar des capitaux du Golfe selon Standard Chartered

Le Maroc fait partie des pays africains susceptibles de bénéficier d’un regain d’intérêt des investisseurs internationaux, dans un contexte où plusieurs économies du continent multiplient les réformes pour renforcer leur attractivité. Selon Dalu Ajene, directeur général et responsable de la couverture pour l’Afrique chez Standard Chartered, les ajustements engagés par les gouvernements africains commencent à ramener bailleurs de fonds, investisseurs privés, agences de crédit à l’exportation et capitaux du Golfe vers le continent.

Le dirigeant cite notamment les accords de partenariat économique global conclus entre les Émirats arabes unis et plusieurs pays africains, dont le Maroc, Maurice, le Kenya et le Nigeria. À mesure que ces cadres entreront en vigueur, les investissements émiratis pourraient s’intensifier, en particulier dans des secteurs comme l’exploitation minière, l’énergie et la sécurité alimentaire.

Pour Dalu Ajene, ces accords peuvent changer l’échelle des transactions. Là où de nombreuses opérations restaient limitées à environ 100 millions de dollars, de nouveaux cadres de coopération pourraient permettre de faire émerger des investissements plus importants et plus structurants.

Ce mouvement intervient alors que l’aide internationale tend à se resserrer, les pays riches réorientant une partie de leurs dépenses vers la défense et leurs priorités internes. Pour les économies africaines, l’enjeu consiste à diversifier les sources de financement et à restaurer la confiance des investisseurs après les tensions budgétaires héritées de la pandémie de COVID-19.

Les réformes mentionnées par Standard Chartered portent sur la simplification des réglementations, le renforcement de la crédibilité des banques centrales, l’amélioration de la transparence et, dans certains pays, la suppression de subventions coûteuses. Elles attirent à la fois des financements concessionnels et des capitaux aux conditions de marché, notamment de la part de hedge funds et de gestionnaires d’actifs.

Le retour des investisseurs se manifeste aussi sur les marchés de dette souveraine en monnaie locale, avec un regain d’intérêt pour des pays comme l’Égypte, le Nigeria, la Zambie, l’Ouganda et le Ghana. Les agences de crédit à l’exportation et les institutions de financement du développement jouent également un rôle croissant, à l’image du soutien de UK Export Finance à la rénovation du port de Tin Can Island à Lagos, pour un montant de 1 milliard de dollars.

Dalu Ajene défend par ailleurs l’usage d’instruments financiers alternatifs, comme les swaps de rendement total, utilisés ces dernières années par l’Angola, le Nigeria et le Sénégal. Alors que le FMI et d’autres organismes ont pointé des risques de manque de transparence, le responsable de Standard Chartered estime que ces instruments ne doivent pas être considérés comme opaques ou plus risqués par principe.

Selon lui, ces mécanismes peuvent offrir des solutions plus flexibles lorsque les marchés sont tendus ou fermés. D’autres gouvernements africains pourraient y recourir, tandis que certaines entreprises commencent également à les utiliser.

Pour le Maroc, l’intérêt de cette lecture tient surtout à sa présence parmi les pays africains concernés par les cadres de coopération avec les Émirats arabes unis. Dans un continent qui cherche à attirer des financements moins dépendants de l’aide publique internationale, ces accords peuvent devenir un levier supplémentaire pour capter des investissements dans les secteurs stratégiques.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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