Le Maroc et le Portugal cherchent un appui européen pour leur câble électrique

Le Maroc et le Portugal veulent accélérer leur projet d’interconnexion électrique sous-marine en mobilisant à la fois des financements européens et des partenaires privés. Estimée jusqu’ici à près de 800 millions d’euros, la future liaison doit renforcer la sécurité d’approvisionnement des deux pays et faciliter les échanges d’électricité entre l’Afrique et l’Europe.

La ministre portugaise de l’Environnement et de l’Énergie, Maria da Graça Carvalho, a défendu lundi la reconnaissance du projet comme infrastructure d’intérêt européen. Elle s’exprimait à l’issue d’une rencontre à Lisbonne avec la ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali.

Rabat et Lisbonne envisagent de solliciter un échange avec la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Teresa Ribera. L’objectif sera d’examiner les mécanismes de financement qui pourraient être mobilisés dans le prochain budget européen, notamment ceux destinés aux infrastructures énergétiques reliant plusieurs pays.

L’obtention d’un statut prioritaire constitue désormais l’une des principales étapes recherchées par les deux gouvernements. Une telle reconnaissance pourrait faciliter l’accès aux soutiens européens et renforcer la crédibilité financière du projet.

Les deux pays souhaitent également mesurer l’intérêt du secteur privé. Des entreprises énergétiques, des consortiums et des gestionnaires de réseaux pourraient être consultés afin d’évaluer les formes possibles de leur participation.

Le coût de la liaison devra être révisé en fonction de la technologie retenue et du tracé définitif. Une configuration intégrant l’Espagne pourrait réduire les dépenses, le Maroc étant déjà connecté au réseau électrique espagnol.

L’idée d’un câble entre le Maroc et le Portugal remonte à 2016, lorsque les deux gouvernements avaient lancé une première étude technique et financière. Deux ans plus tard, le gestionnaire portugais REN et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable avaient été chargés de préparer un avant-projet ainsi qu’un modèle de financement.

Une déclaration conjointe adoptée en 2023 avait ensuite prévu d’achever les études de faisabilité et d’avancer vers la réalisation de l’interconnexion. Celle-ci doit notamment permettre des échanges d’électricité issue des énergies renouvelables.

Maria da Graça Carvalho a également fait référence à la panne générale qui avait touché la péninsule Ibérique en avril 2025. Selon elle, une connexion avec le Maroc aurait pu faciliter le rétablissement du réseau portugais.

Leila Benali a qualifié les discussions de productives. Les deux ministres ont aussi abordé les minerais critiques, les énergies renouvelables, la sécurité énergétique, le climat et la biodiversité. Ces sujets devraient revenir à l’agenda lors du prochain sommet maroco-portugais prévu au début de l’année prochaine.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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