À Londres, la Bourse de Casablanca a donné une nouvelle vitrine internationale aux ambitions financières du Maroc. L’édition 2026 du Morocco Capital Markets Days, organisée les 7 et 8 mai, s’est achevée sur une participation soutenue et un intérêt marqué des investisseurs pour le marché marocain des capitaux, dans un contexte porté par le retour du Royaume au statut Investment Grade.
Près de 200 participants ont pris part à cette rencontre, devenue l’un des principaux rendez-vous de promotion de la place financière marocaine à l’étranger. La délégation marocaine était conduite par Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des Finances, aux côtés de Hakim Hajoui, ambassadeur du Maroc au Royaume-Uni, Tarik Senhaji, président de l’Autorité marocaine du marché des capitaux, Brahim Benjelloun Touimi, président du Conseil d’administration de la Bourse de Casablanca, et Nasser Seddiqi, directeur général de l’institution.
Le temps fort de cette édition a été la conférence plénière consacrée au nouveau cycle des marchés de capitaux marocains après la reconnaissance Investment Grade. Ouverte par Nadia Fettah Alaoui et Fergus Harradence, Deputy Director au Department for Business and Trade du Royaume-Uni, elle a mis l’accent sur le passage d’une crédibilité souveraine renforcée à une capacité plus large de financement de l’économie.
La ministre de l’Économie et des Finances a insisté sur la nécessité de convertir cette confiance en accélération économique. Cette étape suppose, selon elle, des marchés plus profonds, plus transparents et davantage reliés aux flux internationaux d’investissement. Elle a également rappelé que le Maroc entre dans une nouvelle phase de développement, soutenue par une vision de long terme, la poursuite des réformes et une volonté claire de franchir un palier.
Tarik Senhaji a, pour sa part, souligné la montée en maturité du marché marocain des capitaux, portée par des réformes alignées sur les standards internationaux. Le président de l’AMMC a mis en avant la diversification des instruments de financement, l’appui à l’innovation et l’amélioration de l’accès des entreprises au marché, notamment à travers la Bourse. La liquidité et l’élargissement de la base d’investisseurs figurent, selon lui, parmi les leviers essentiels pour transformer cette dynamique en croissance réelle.
Nasser Seddiqi a replacé cette évolution dans une séquence plus large, marquée par le retour au statut Investment Grade, le lancement des produits dérivés et le renforcement du compartiment actions. Pour le directeur général de la Bourse de Casablanca, la reconnaissance obtenue par le Maroc ouvre désormais la voie à une ambition plus large, celle d’un changement d’échelle pour le marché national.
La conférence a réuni plusieurs intervenants de premier plan, parmi lesquels Yann Le Pallec, président de S&P Global Ratings, Ghislane Guedira, directrice générale d’APM Capital Morocco, Brahim Benjelloun Touimi et Samir Parkash, membre du Comité exécutif et du Conseil de direction de UK Export Finance, ainsi que directeur des risques de l’institution. Sous la conduite de Selloua Chakri, de SCL Advisory, les échanges ont porté sur la manière dont le statut Investment Grade peut devenir un point de départ plutôt qu’un aboutissement.
Yann Le Pallec a proposé une lecture comparative des marchés émergents. Samir Parkash s’est penché sur les conditions nécessaires à la structuration des flux internationaux vers le Maroc. Ghislane Guedira a illustré l’attractivité du Royaume à travers la clôture, en février dernier, d’un fonds de plusieurs centaines de millions de dollars consacré aux infrastructures marocaines.
Les discussions ont fait ressortir le rôle central du marché des capitaux dans la transmission de la crédibilité souveraine vers l’investissement productif. Les intervenants ont rappelé les dernières avancées du marché marocain, dont trois introductions en Bourse, plus de 600 millions de dollars levés, une capitalisation ayant franchi pour la première fois le seuil des 100 milliards de dollars, ainsi que le lancement du marché à terme et de la chambre de compensation centrale.
Les rencontres bilatérales ont également constitué l’un des moments clés du MCMD 2026. Une quarantaine d’entreprises marocaines cotées ont fait le déplacement à Londres pour échanger directement avec une quarantaine d’investisseurs internationaux. Au total, près de 220 réunions ont été organisées, confirmant l’intérêt croissant des grands investisseurs pour les émetteurs marocains.
Cette mobilisation traduit aussi l’évolution du positionnement des sociétés cotées marocaines. Leurs dirigeants ne se contentent plus de présenter leurs fondamentaux sur le marché local. Ils vont désormais au contact des capitaux internationaux, avec des trajectoires de croissance mieux lisibles et des ambitions tournées vers les marchés régionaux et internationaux.
Plusieurs événements parallèles ont accompagné cette édition. La cérémonie d’ouverture, organisée au siège du London Stock Exchange Group, a permis de réaffirmer la solidité du partenariat entre la Bourse de Casablanca et le LSEG, construit depuis plus de dix ans autour du développement des marchés de capitaux.
Un atelier organisé avec Bloomberg dans ses bureaux londoniens a été consacré au lancement du marché à terme à la Bourse de Casablanca. Les spécialistes du groupe ont présenté leurs analyses sur les tendances mondiales, l’évolution de l’environnement d’investissement au Maroc et les usages des données et technologies financières, en mettant l’accent sur l’intérêt de ce nouveau marché pour les investisseurs internationaux.
D’autres rencontres, tenues avec l’International Accounting Standards Board et Fitch Ratings, ont permis aux émetteurs et opérateurs marocains d’échanger sur les évolutions des standards internationaux de reporting financier et de notation. Ces sujets restent déterminants pour renforcer l’attractivité et la compétitivité des marchés émergents.

