Le Maroc injecte 20 milliards de DH pour amortir le choc énergétique

Le gouvernement va mobiliser 20 milliards de dirhams supplémentaires dans le budget 2026 afin d’amortir les effets économiques du conflit au Moyen-Orient sur le marché national.

Cette enveloppe, équivalente à environ 2 milliards de dollars, intervient après l’annonce faite jeudi par Mustapha Baitas, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement. Celui-ci avait confirmé l’ouverture de crédits supplémentaires sans en préciser le montant.

Le Maroc reste fortement exposé aux tensions sur les marchés énergétiques internationaux. Le Royaume importe l’essentiel de ses besoins en pétrole, gaz et charbon, dans un contexte marqué par des perturbations des approvisionnements liées à la guerre au Moyen-Orient et par l’absence de capacité nationale de raffinage.

Les crédits supplémentaires doivent permettre de constituer les réserves nécessaires en cas de prolongement de la situation actuelle. L’objectif affiché est de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, notamment à travers le maintien de la stabilité des prix du gaz butane, du transport de personnes et de marchandises, ainsi que de l’électricité.

Le gouvernement entend ainsi limiter la transmission des hausses internationales des prix de l’énergie au marché intérieur. Cette intervention budgétaire vise aussi à couvrir les mesures engagées pour faire face aux conséquences des inondations qui ont touché certaines régions du nord du Royaume durant l’hiver.

Une partie de l’enveloppe servira également à financer des dépenses exceptionnelles et imprévues liées à la conjoncture internationale, ainsi qu’à renforcer le capital de certains établissements et entreprises publics.

Malgré ces pressions, l’exécutif maintient une prévision de croissance de 5,3 pour cent en 2026, contre 4,6 pour cent l’année précédente. Cette progression attendue repose notamment sur l’amélioration du secteur agricole, portée par des précipitations abondantes après plusieurs années de sécheresse.

Le gouvernement vise aussi une réduction du déficit budgétaire à 3 pour cent du PIB, grâce à la croissance et à la hausse attendue des recettes fiscales. La dette publique devrait, selon les prévisions de l’exécutif, revenir à 66 pour cent du PIB.

Les subventions destinées à stabiliser les prix du transport public et de l’électricité représentent déjà une charge importante pour les finances publiques. Le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, avait indiqué le mois dernier que ces dispositifs coûtaient environ 648 millions de dirhams par mois.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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