À Vienne, la Commission des stupéfiants des Nations Unies a retenu le nom de Khalid Tinasti pour siéger au sein d’un groupe d’experts indépendants chargé de réfléchir à l’évolution des politiques internationales en matière de drogues.
Âgé de 40 ans, ce Marocain originaire de Casablanca rejoint une instance composée de dix-neuf personnalités issues de plusieurs continents. Leur mission consiste à formuler, d’ici 2027, des recommandations concrètes sur le fonctionnement du système mondial de contrôle, un chantier inédit depuis l’adoption des grandes conventions onusiennes dans ce domaine.
La création de ce panel s’inscrit dans le sillage de la résolution 68/6 adoptée en mars 2025 à l’initiative de la Colombie. Le texte a modifié les équilibres diplomatiques au sein des discussions internationales. Le mandat confié aux experts mêle approche technique et dimension politique, avec pour objectif d’identifier les limites du cadre actuel et d’esquisser des pistes d’évolution, sans remettre en cause l’architecture des conventions existantes.
Le parcours de Khalid Tinasti reflète cette volonté d’ouverture. Formé à Paris et installé à Genève, il s’est imposé progressivement dans les cercles du multilatéralisme. Il a débuté au sein du cabinet du ministre de la Ville sous le gouvernement Fillon, avant de se tourner vers les enjeux internationaux. Il a dirigé pendant près de dix ans la Global Commission on Drug Policy, qui rassemble d’anciens chefs d’État, puis la Climate Overshoot Commission présidée par Pascal Lamy.
Son engagement s’est également manifesté dans le domaine de la santé mondiale, notamment à travers la présidence du Programme Advisory Panel du Robert Carr Fund, consacré à la lutte contre le VIH auprès des populations vulnérables. Il fait par ailleurs partie du New Generation Network de la Fondation Mo Ibrahim, qui met en avant des profils africains émergents.
Sur le plan académique, ses travaux ont été publiés dans plusieurs revues spécialisées et il a signé un ouvrage de référence consacré aux politiques internationales des drogues. Il intervient régulièrement dans la presse et enseigne aujourd’hui à Genève, tout en étant affilié à une université à Shanghai.
Cette nomination intervient alors que le Maroc renforce sa présence dans les débats internationaux liés aux politiques des drogues. Le Royaume s’est distingué en adoptant une législation encadrant l’usage du cannabis à des fins médicales et industrielles, dans le respect des normes internationales.
Khalid Tinasti a pris part aux réflexions ayant accompagné cette évolution, en apportant son expertise sur l’interprétation des conventions onusiennes et en participant au débat public. Sa désignation au sein de ce panel s’inscrit dans une dynamique plus large, celle d’un pays qui entend contribuer activement à la redéfinition des politiques globales.




