Le pari de la rentabilité a payé pour Addoha

Addoha a changé de rythme sans changer de volume. L’année 2025 ne marque pas une explosion de l’activité, mais un basculement plus discret et plus structurant. Derrière une progression limitée du chiffre d’affaires, le groupe immobilier affiche une nette accélération de sa rentabilité et signe la fin d’un long cycle de remise en ordre.

Les ventes suivent une trajectoire contenue, avec un peu plus de 11 000 unités écoulées sur l’année, soit une hausse modérée. Le chiffre d’affaires atteint 2,7 milliards de dirhams, en légère progression. Mais l’essentiel se joue ailleurs. Le résultat net bondit à 516 millions de dirhams, contre 304 millions un an plus tôt. La performance ne repose donc pas sur un surcroît d’activité, mais sur une transformation interne du modèle économique.

Cette évolution tient d’abord à un travail de fond engagé ces dernières années. Le groupe a assaini ses comptes, réduit son endettement et renforcé ses capitaux propres. L’exercice 2025 vient clore cette phase. La structure financière apparaît désormais stabilisée, avec un endettement contenu et un gearing limité à 30 pour cent, malgré une montée en cadence des chantiers.

Dans le même temps, Addoha recompose son offre. Le poids du haut standing recule en volume, mais les projets lancés témoignent d’une montée en gamme ciblée. À Marrakech comme à Abidjan, les nouveaux programmes visent des segments plus rémunérateurs, avec des villas et des ensembles mixtes à fort potentiel. Cette orientation commence à produire ses effets sur les marges, qui progressent nettement.

Le groupe s’appuie aussi sur un portefeuille de projets particulièrement dense. Plus de 26 000 unités sont en cours de production, dont près d’un tiers en Afrique de l’Ouest. La région s’impose progressivement comme un relais de croissance tangible. Elle représente déjà une part significative des préventes et près d’un tiers du chiffre d’affaires sécurisé, qui atteint 11,7 milliards de dirhams.

Ce volume de projets offre une visibilité rare dans le secteur, mais impose aussi une exigence d’exécution élevée. Le groupe devra transformer ce potentiel en revenus effectifs tout en maintenant l’équilibre financier retrouvé. Après avoir réparé sa structure, Addoha entre désormais dans une phase plus exposée, où la discipline opérationnelle pèsera autant que les choix stratégiques.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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