Une semaine après la finale de la Coupe d’Afrique des nations à Rabat, le titre remporté par le Sénégal reste entouré de nombreuses zones d’ombre. Deux faits précis, survenus en coulisses, laissent planer un doute sur la solidité de ce sacre. D’un côté, l’attitude inhabituellement silencieuse de la FIFA. De l’autre, un oubli révélateur sur les supports officiels de la Confédération africaine de football. À cela s’ajoute l’ouverture formelle d’une procédure disciplinaire, enclenchée par la Fédération royale marocaine de football.
Sur le site de la FIFA, aucun contenu n’est venu saluer la victoire sénégalaise. Pas la moindre trace du match, ni félicitation protocolaire, ni résumé ou photo, alors que ce type de communication suit habituellement chaque grande compétition. L’absence d’un message de Gianni Infantino, pourtant présent au stade, interroge d’autant plus que ce dernier a été vu, visiblement contrarié, au bord du terrain pendant l’interruption du match. Cette finale avait en effet été marquée par une longue pause, durant laquelle les joueurs sénégalais avaient quitté la pelouse sans autorisation de l’arbitre.
Autre élément troublant, la CAF n’a toujours pas intégré le Sénégal à la liste officielle de ses champions. Sur son site, le dernier vainqueur mentionné reste la Côte d’Ivoire, titrée en 2023. Or, la mise à jour de ces données se fait en temps normal dès le lendemain de la finale. Ce retard alimente les spéculations, en particulier depuis que la commission de discipline de la CAF a ouvert une instruction sur les incidents de la rencontre.
Selon des sources proches du dossier, cette procédure fait suite aux réserves déposées par la Fédération royale marocaine de football, qui conteste la régularité de plusieurs épisodes clés du match. Le comportement des supporters sénégalais, les décisions arbitrales controversées, ainsi que le retour non autorisé des joueurs sénégalais aux vestiaires figurent parmi les éléments évoqués.
Les images de la rencontre, abondamment relayées, renforcent la conviction des responsables marocains. Selon eux, le dossier est extrêmement solide et ne manque pas d’éléments. Une stricte application du règlement pourrait suffire à remettre en cause le résultat.
La commission disciplinaire a entamé son travail et le verdict pourrait tomber rapidement. Il reste néanmoins possible que les auditions, notamment de l’arbitre et de l’entraîneur sénégalais, prolongent le processus. En cas de sanction, chaque partie pourrait interjeter appel, voire porter l’affaire devant la FIFA, puis, en dernier recours, devant le Tribunal arbitral du sport. Mais rien n’oblige non plus à aller si loin. Le processus pourrait s’arrêter au premier niveau si une décision est acceptée par les deux camps.
En attendant, les communications et déclarations officielles demeurent figées. Et le titre du Sénégal reste, pour l’heure, sans reconnaissance explicite ni confirmation formelle des deux instances dirigeantes du football mondial et continental.





