Kénitra accueille, du 24 au 26 juin 2026, la 8e édition du Salon de la Compétitivité Industrielle Automobile. Organisé par l’Association Marocaine pour l’Industrie et la Construction Automobile, sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, l’événement place la ville au centre de la filière automobile marocaine pendant trois jours.
Cette édition marque aussi un changement de positionnement. Après sept éditions sous l’appellation Salon de la Sous-Traitance Automobile, le rendez-vous devient le Salon de la Compétitivité Industrielle Automobile. Le glissement n’est pas seulement sémantique. Il traduit l’ambition d’une industrie qui cherche à monter en gamme, à renforcer son intégration locale et à se positionner sur les nouveaux segments de la mobilité électrique, connectée et décarbonée.
Le SCIA 2026 réunit plus de 200 exposants venus de douze pays, représentant l’ensemble des métiers de l’automobile. Ingénierie, équipementiers, logistique, manutention, emballage, machines spéciales, certification, testing, recyclage, services, startups, pépinières et centres de formation sont présents à Kénitra. Les pays représentés sont le Maroc, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, la Belgique, la Chine, l’Espagne, la France, l’Italie, le Portugal, la Roumanie, le Sri Lanka et la Tunisie.
Le choix de Kénitra confirme le poids pris par la ville dans l’écosystème automobile national. La présence de l’Atlantic Free Zone, d’unités industrielles et la proximité de grands pôles automobiles en font un territoire stratégique pour les échanges entre donneurs d’ordre, équipementiers et sous-traitants. L’objectif est de rapprocher les opérateurs des sites de production et de faciliter les rencontres techniques et commerciales.
Pour Badr Lahmoudi, président du Salon de la Compétitivité Industrielle Automobile, l’installation du salon à Kénitra permet d’ancrer l’événement dans une logique de territoire. Il estime que le passage de la sous-traitance à la compétitivité doit donner aux opérateurs marocains les moyens de monter en gamme, d’intégrer localement jusqu’à 65 % de composants et de répondre aux besoins émergents des donneurs d’ordre.
Rachid Machou, président de l’AMICA, présente cette édition comme un levier destiné à renforcer la compétitivité industrielle nationale. L’enjeu porte notamment sur le développement de la sous-traitance locale, l’intégration des fournisseurs de premier et de deuxième rang et l’accélération du transfert de technologies entre partenaires internationaux et opérateurs marocains.
La transition vers le véhicule électrique constitue l’un des fils conducteurs de cette édition. Le programme s’articule autour de cinq panels consacrés à l’intégration locale, aux opportunités d’investissement et au financement, à l’énergie verte et à la décarbonation industrielle, à l’économie circulaire, au Made in Morocco automobile et au développement des compétences.
La question du capital humain occupe une place centrale dans cette transformation. Alors que la filière évolue vers des métiers plus technologiques, la formation d’ingénieurs, de techniciens et d’opérateurs spécialisés devient un facteur déterminant pour attirer de nouveaux projets industriels à plus forte valeur ajoutée.
Le salon affiche aussi des objectifs économiques précis. Les besoins d’affaires identifiés pour cette édition sont estimés à plus d’un milliard de dirhams, notamment dans la logistique, les outillages spécialisés, la maintenance industrielle et les emballages. La précédente édition, organisée à Tanger en 2023 sous le nom SSAT, avait rassemblé plus de 200 exposants et près de 5.000 professionnels, générant plus de 500 contacts d’affaires qualifiés.
Le contexte sectoriel donne du poids à cette édition. L’automobile est devenue le premier secteur exportateur du Maroc. La filière compte plus de 260 équipementiers, trois constructeurs installés dans le Royaume et plus de 280.000 emplois directs et indirects. Le taux d’intégration locale atteint 69 %, tandis que la capacité de production nationale s’élève à un million de véhicules par an.
Les exportations automobiles dépassent 15 milliards d’euros et le volume de sourcing local est supérieur à 5 milliards d’euros. Ces indicateurs confirment la place du Maroc parmi les plateformes industrielles automobiles les plus structurées du continent.
L’AMICA, fondée en 1974, fédère aujourd’hui plus de 160 membres. Elle représente les constructeurs, les équipementiers et les sous-traitants du secteur, tout en assurant un rôle d’interface avec les pouvoirs publics et les partenaires économiques. À travers le SCIA, l’association cherche à donner de la visibilité à la filière et à accompagner sa transition vers une industrie plus intégrée, plus compétitive et davantage tournée vers les nouvelles mobilités.

