Législatives : avec 97 sièges, le PAM devance le RNI et l’Istiqlal

Le Parti authenticité et modernité s’est imposé comme la première force de la Chambre des représentants à l’issue des législatives du 23 septembre. Selon les résultats provisoires annoncés jeudi par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, le PAM obtient 97 des 395 sièges, devant le Rassemblement national des indépendants et le Parti de l’Istiqlal.

Le RNI décroche 66 sièges, soit un seul de plus que l’Istiqlal, crédité de 65 élus. Le Parti de la justice et du développement signe pour sa part un net retour à la Chambre avec 54 sièges, après n’en avoir remporté que 13 lors du scrutin de 2021. La formation est de nouveau conduite par Abdelilah Benkirane, ancien chef du gouvernement entre 2011 et 2017.

Les formations de gauche obtiennent une représentation plus limitée. L’Union socialiste des forces populaires remporte 26 sièges, tandis que le Parti du progrès et du socialisme en compte 19. La Fédération de la gauche obtient huit élus.

Le scrutin a surtout été marqué par un recul de la mobilisation électorale. Le taux de participation s’est établi à 38,02% à la fermeture des bureaux de vote, contre environ 50% lors des législatives de 2021. Un peu plus de six millions d’électeurs ont ainsi participé au vote.

Sur quelque 27 millions de Marocains en âge de voter, 15,8 millions étaient inscrits sur les listes électorales, un nombre inférieur de 12% à celui enregistré cinq ans auparavant.

L’arrivée du PAM en tête ouvre désormais la séquence consacrée à la formation du prochain exécutif. Conformément à la Constitution de 2011, S.M le Roi Mohammed VI nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé premier aux élections de la Chambre des représentants.

La dirigeante actuelle du PAM, Fatima Ezzahra El Mansouri, figure parmi les personnalités susceptibles d’occuper cette fonction. Une éventuelle nomination ferait d’elle la deuxième femme à diriger un gouvernement dans le monde arabe après la Tunisienne Najla Bouden.

La campagne du PAM a également été marquée par l’arrivée de Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football. Sa notoriété s’est renforcée à la faveur des performances de la sélection nationale lors de la Coupe du monde. Son nom est également cité parmi les personnalités susceptibles d’accéder à la tête du gouvernement.

Avec 97 députés, le PAM ne dispose toutefois pas seul d’une majorité à la Chambre des représentants et devra parvenir à un accord avec d’autres formations. La recomposition de la coalition s’annonce d’autant plus ouverte que ses responsables ont écarté pendant la campagne la perspective de reconduire leur alliance avec le RNI. Les deux partis se sont mutuellement reproché les résultats de plusieurs politiques conduites par la majorité sortante.

Aziz Akhannouch ne participait pas à cette nouvelle bataille électorale. Le chef du gouvernement sortant avait quitté cette année la direction du RNI et ne sollicitait pas un nouveau mandat. Sa formation avait notamment été confrontée aux critiques liées au coût de la vie, au chômage et à des accusations de conflits d’intérêts, rejetées par le parti.

Durant la campagne, le PAM a placé l’emploi et le pouvoir d’achat parmi ses principaux engagements. Le parti a promis la création d’un million d’emplois, une amélioration des salaires ainsi que la poursuite des investissements dans la santé et la protection sociale.

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