Les crédits à l’équipement tirent le financement bancaire

L’encours du crédit bancaire poursuit sa progression au Maroc. À fin mai 2026, il s’est établi à 1 259,1 milliards de dirhams, en hausse de 9,9 pour cent par rapport à la même période de l’année précédente, selon les données de Bank Al-Maghrib.

Cette évolution recouvre une croissance de 8,9 pour cent des crédits accordés aux agents non financiers et de 15,4 pour cent de ceux destinés aux agents financiers. Elle confirme la poursuite du financement de l’économie, dans un contexte où certains indicateurs d’activité industrielle montrent des signes de faiblesse.

Les entreprises non financières privées ont vu leurs concours bancaires progresser de 6,3 pour cent sur un an. Cette hausse est portée par les crédits à l’équipement, en augmentation de 14,6 pour cent, signe d’un effort d’investissement toujours présent. Les prêts à la promotion immobilière ont progressé de 8,3 pour cent, tandis que les facilités de trésorerie ont augmenté de 3,2 pour cent.

Du côté des ménages, les crédits ont avancé plus modérément, avec une croissance annuelle de 3,5 pour cent. Les prêts à l’habitat ont progressé de 2,3 pour cent et ceux à la consommation de 4,4 pour cent. Cette évolution traduit une demande encore positive, mais moins dynamique que celle observée sur le financement des entreprises et des agents financiers.

En parallèle, l’enquête mensuelle de conjoncture de Bank Al-Maghrib fait apparaître un mois de mai plus difficile pour l’industrie. L’activité industrielle aurait globalement baissé, tandis que la production et les ventes auraient stagné. Le taux d’utilisation des capacités de production se serait replié à 77 pour cent.

La production aurait diminué dans l’ensemble des branches industrielles, à l’exception de l’agroalimentaire où elle serait restée stable. Les ventes auraient également reculé dans la plupart des secteurs, sauf dans la mécanique et métallurgie où elles auraient progressé. Le repli aurait concerné à la fois le marché local et les débouchés à l’export.

Les commandes auraient globalement stagné. Cette stabilité masque des évolutions contrastées, avec une hausse dans l’agroalimentaire et la mécanique et métallurgie, mais un recul dans la chimie et parachimie ainsi que dans le textile et cuir. Les carnets de commandes se seraient situés à un niveau inférieur à la normale dans toutes les branches, à l’exception de l’agroalimentaire.

Pour les trois prochains mois, les industriels anticipent une amélioration de la production et des ventes dans la plupart des branches. Le textile et cuir ferait exception, avec des prévisions de stagnation. Les incertitudes restent toutefois présentes, puisque 30 pour cent des entreprises interrogées déclarent manquer de visibilité sur l’évolution de la production et 21 pour cent sur celle des ventes.

Ces données dessinent une situation contrastée. Le crédit bancaire continue de croître, notamment au profit de l’équipement des entreprises, alors que l’industrie traverse une phase de ralentissement. L’enjeu pour les prochains mois sera de voir si la dynamique du financement se traduit par une reprise effective de la production et des ventes.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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