Les recettes fiscales soutiennent l’exécution du budget 2026

L’exécution de la loi de finances 2026 affiche une progression marquée des recettes fiscales à fin avril. Selon les données présentées au Parlement, elles ont augmenté de 10,4 milliards de dirhams par rapport à la même période de 2025, avec un taux de réalisation de 36,3 % des prévisions annuelles.

Cette hausse est principalement portée par l’impôt sur les sociétés, qui progresse de 9,1 milliards de dirhams, soit une augmentation de 25 % sur un an. L’impôt sur le revenu avance pour sa part de 1 milliard de dirhams, tandis que la TVA gagne 1,3 milliard de dirhams, avec un taux de réalisation de 49 % à fin avril.

Les droits d’enregistrement et de timbre augmentent également de 1 milliard de dirhams. La taxe intérieure de consommation progresse de 854 millions de dirhams, dans un contexte marqué par une amélioration de la consommation intérieure estimée à 7,4 %.

Côté dépenses, l’exécution budgétaire demeure globalement alignée sur les prévisions, malgré le poids des mesures de soutien destinées à amortir les effets de la conjoncture. La subvention du gaz butane coûte 600 millions de dirhams par mois. La stabilisation des prix du transport mobilise 650 millions de dirhams mensuels, tandis que le maintien des prix de l’électricité nécessite 300 millions de dirhams par mois. Le coût lié à l’électricité devrait atteindre 3 milliards de dirhams sur l’année.

Le gouvernement estime que les recettes additionnelles de TVA ne dépasseront pas 3 milliards de dirhams sur l’ensemble de l’exercice. La TIC, elle, reste calculée sur les volumes et non sur les prix. Dans le cas du gasoil, la TVA représente 0,46 dirham par litre, alors que le surcoût moyen lié à la conjoncture atteint 3,7 dirhams.

L’inflation est restée contenue durant les premiers mois de l’année, sous le seuil de 1 %, avant de s’établir à 0,9 % en mars. L’objectif affiché reste de préserver des niveaux compatibles avec la poursuite de l’activité économique.

Le déficit budgétaire devrait être ramené à 3 % du PIB à fin 2026, en baisse de 0,5 point par rapport à 2025. La dette poursuivrait également sa trajectoire descendante pour se stabiliser autour de 66 % du PIB.

Sur une période plus longue, les recettes ordinaires sont passées de 256 milliards de dirhams en 2021 à 424 milliards en 2025, soit une croissance annuelle moyenne de 13,5 %. Cette progression traduit une amélioration structurelle des finances publiques, portée notamment par la dynamique de l’impôt sur les sociétés.

Le Maroc conserve aussi des signaux favorables auprès des institutions internationales. Le FMI a confirmé l’éligibilité du Royaume à la ligne de crédit modulable, tandis que Standard & Poor’s maintient la note souveraine en catégorie investment grade avec perspective stable. Moody’s a, de son côté, relevé la perspective du Maroc de stable à positive.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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