Le Maroc figure parmi les pays les plus durement touchés par l’aggravation des épisodes de chaleur extrême qui menacent désormais les systèmes alimentaires à l’échelle mondiale. Dans un rapport publié mardi, la Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation météorologique mondiale alertent sur une multiplication des vagues de chaleur, plus longues, plus intenses et plus fréquentes, avec des conséquences directes sur les cultures, l’élevage, la pêche et les forêts.
Le cas du Maroc est cité comme l’un des exemples les plus marquants. Après six années successives de sécheresse, le pays a subi des records de chaleur qui ont lourdement affecté sa production agricole. Selon Kaveh Zahedi, directeur du bureau du changement climatique de la FAO, les rendements céréaliers ont chuté de plus de 40 %, tandis que les récoltes d’olives et d’agrumes ont été gravement compromises.
Le responsable onusien estime que la chaleur extrême bouleverse déjà les cycles agricoles et réduit fortement la capacité des agriculteurs à maintenir leurs activités. Au-delà des rendements, c’est toute l’organisation du travail dans les champs qui devient plus difficile, avec des périodes de semis, de récolte et d’irrigation de plus en plus perturbées.
Les agences de l’ONU rappellent que les principales cultures mondiales commencent à voir leurs rendements baisser dès que les températures dépassent les 30 degrés. Chaque degré supplémentaire à l’échelle mondiale entraînerait une baisse moyenne de 6 % des rendements du maïs, du riz, du soja et du blé.
L’année 2025 figure déjà parmi les trois plus chaudes jamais enregistrées dans le monde. Cette accélération du réchauffement favorise non seulement les sécheresses et les incendies, mais aussi la prolifération de ravageurs et la multiplication des vagues de chaleur marines, qui fragilisent les ressources halieutiques. En 2024, 91 % des océans ont connu au moins un épisode de chaleur marine.
La FAO et l’OMM appellent à renforcer les systèmes d’alerte météorologique et les dispositifs de prévention pour permettre aux agriculteurs et aux pêcheurs d’adapter leurs pratiques. Les données climatiques peuvent notamment aider à modifier les dates de semis, choisir des cultures plus résistantes ou ajuster les calendriers de récolte.
Les deux organisations jugent toutefois que ces mesures d’adaptation ne suffiront pas sans une action plus large contre le changement climatique. Elles estiment que seule une réponse coordonnée à l’échelle internationale permettra de limiter les effets d’une chaleur extrême appelée à s’intensifier dans les prochaines années.



