Le bras de fer entre l’UEFA et la FIFA a franchi un nouveau cap. Réunie jeudi, l’instance européenne a annoncé que ses 55 fédérations membres ne prendraient plus part aux tournois organisés par la FIFA si le projet d’ouverture du capital des principales compétitions mondiales à des investisseurs privés venait à aboutir.
Cette position commune vise directement le projet porté par Gianni Infantino. Le président de la FIFA souhaite confier les droits commerciaux de la Coupe du Monde et du Mondial des clubs à une nouvelle société, dont une partie du capital serait ensuite cédée à des acteurs privés.
Pour les responsables européens, une telle opération remettrait en cause la nature même de la Coupe du Monde. L’UEFA estime que cette compétition constitue un patrimoine sportif qui ne peut être transformé en actif financier. Elle affirme ainsi que le tournoi mondial ne saurait faire l’objet d’une vente, même partielle.
Le communiqué européen dénonce également les conditions dans lesquelles le projet aurait été préparé. Selon l’UEFA, les discussions ont été menées sans véritable concertation avec les institutions chargées d’organiser le football. L’organisation accuse la FIFA d’avoir agi dans l’opacité et considère que cette méthode est incompatible avec son rôle à la tête du football mondial.
Les critiques portent aussi sur les pressions qui auraient accompagné les négociations. L’UEFA évoque des pratiques fondées sur la contrainte et l’intimidation, dans un contexte marqué par plusieurs mois de tensions entre les deux organisations.
Gianni Infantino défend de son côté les bénéfices économiques que pourrait générer cette nouvelle structure commerciale. Son projet prévoirait l’entrée d’investisseurs privés présentés comme proches de Donald Trump. Les fédérations favorables à l’opération pourraient profiter de nouvelles ressources financières à l’approche des prochaines élections de la FIFA.
En cas de mise en œuvre, la première compétition concernée par le boycott européen serait la Coupe du Monde féminine prévue en 2027. La menace pèserait ensuite sur l’édition masculine de 2030, dont plusieurs rencontres doivent se dérouler en Europe.


