M.S.IN relève sa recommandation sur le titre Attijariwafa bank

Le regard des analystes évolue sur Attijariwafa bank. Le bureau M.S.IN a décidé de revoir sa position sur le titre, désormais conseillé à l’achat avec un renforcement en portefeuille. Dans le même mouvement, sa valorisation est ajustée à 787 dirhams, en retrait par rapport aux 823 dirhams avancés jusque-là, ce qui traduit une décote estimée à 12 pour cent au regard des nouvelles hypothèses retenues.

Cette révision s’inscrit dans un environnement bancaire en mutation. Après deux exercices marqués par un durcissement monétaire sous l’effet des tensions inflationnistes, le secteur a retrouvé un certain élan grâce à des conditions plus souples en 2024 et 2025. Ce changement a favorisé une reprise du crédit et une relance de l’activité des établissements financiers.

L’année 2026 pourrait toutefois marquer un coup d’arrêt à cette dynamique monétaire. Le déclenchement d’un conflit au Moyen-Orient a provoqué une flambée des prix de l’énergie, faisant peser un risque de retour de l’inflation. Une telle évolution pourrait pousser les autorités à relever de nouveau les taux d’intérêt.

Malgré ces incertitudes, les perspectives restent orientées à la hausse pour le secteur bancaire. Les projections de M.S.IN tablent sur une progression annuelle moyenne de 4,4 pour cent du produit net bancaire consolidé et de 6,17 pour cent du résultat net part du groupe entre 2026 et 2030. Cette trajectoire serait soutenue par l’augmentation attendue des encours de crédits.

Plusieurs facteurs devraient accompagner cette croissance. L’investissement public, notamment dans les infrastructures, devrait continuer à stimuler la demande de financement. Dans le même temps, le coût du risque est attendu en amélioration, porté par un contexte économique jugé plus favorable.

Les activités de marché devraient également retrouver un rythme plus équilibré, dans le sillage de l’assouplissement monétaire et du regain d’activité sur les marchés financiers. Sur le plan interne, les efforts de maîtrise des charges, appuyés par le développement des services digitaux, devraient permettre de maintenir le coefficient d’exploitation autour de 36,5 pour cent sur la période étudiée.

À l’international, la présence du groupe sur le continent africain reste un moteur de croissance, même si elle s’accompagne de niveaux de risque plus élevés dans certains pays, sur fond de mise en œuvre progressive de nouvelles exigences prudentielles.

La politique de distribution demeure un autre élément suivi de près par les analystes. Entre 2015 et 2025, le groupe a versé des dividendes compris entre 11 et 22 dirhams par action, avec un taux de distribution moyen de 48,2 pour cent et un rendement de 2,8 pour cent. Pour les années à venir, les projections font état d’un dividende moyen de 27,1 dirhams, correspondant à un rendement estimé à 8,2 pour cent.

Dans ce contexte, et après le repli du titre lié aux tensions géopolitiques récentes, M.S.IN estime que le moment est opportun pour renforcer la position sur Attijariwafa bank.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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