Maïsadour Maroc au cœur d’un rapprochement agricole

Le rapprochement entre les coopératives agricoles françaises Maïsadour et Euralis produit aussi son impact au Maroc. Le Conseil de la concurrence a examiné le 28 juillet 2026 le projet de fusion-absorption réunissant les deux groupes, dont l’un dispose d’activités agricoles établies dans le Royaume.

L’intérêt du régulateur marocain tient notamment à la présence de Maïsadour Maroc. Installée dans la région d’Agadir depuis une vingtaine d’années, cette filiale développe, conditionne et exporte des fruits et légumes frais. Elle se présente également comme le premier producteur de maïs doux au Maroc et travaille avec des producteurs locaux sous contrat.

La fusion porte sur l’ensemble des activités économiques de Maïsadour et d’Euralis. Les deux coopératives souhaitent constituer un groupe de référence dans le sud-ouest de la France en réunissant leurs ressources agricoles, industrielles et commerciales. Le projet repose sur un principe d’égalité entre les deux ensembles, avec une représentation équilibrée dans les futures instances de gouvernance.

Le nouvel ensemble pèserait environ 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Maïsadour réunit près de 5 000 agriculteurs et emploie plus de 4 300 personnes dans treize pays. Euralis compte pour sa part environ 5 300 agriculteurs adhérents et intervient dans les productions végétales, les semences, l’élevage, la nutrition animale et l’agroalimentaire.

Pour le Maroc, l’opération pourrait modifier indirectement l’actionnariat et l’organisation du groupe auquel appartient Maïsadour Maroc. Aucun changement concernant les activités de la filiale marocaine, ses producteurs partenaires ou ses installations près d’Agadir n’a toutefois été annoncé à ce stade.

En France, l’Autorité de la concurrence a autorisé la fusion le 17 juillet 2026, tout en imposant plusieurs engagements. Le régulateur a relevé des risques sur les marchés des produits issus du canard gras, de la collecte des céréales, des oléagineux et des protéagineux, ainsi que de la nutrition animale.

Les deux groupes devront notamment céder douze infrastructures de collecte et l’usine de nutrition animale de Maïsadour située à Pomarez. Ils devront également transférer à leurs concurrents des capacités correspondant à au moins deux millions de canards gras d’ici juillet 2031. La cession de Canadour et de la marque Sarrade figure parmi les mesures prévues.

Cette autorisation française ne suffit pas à elle seule à finaliser le rapprochement. Le projet reste soumis aux procédures requises dans les territoires concernés, ainsi qu’à l’approbation définitive des assemblées générales des deux coopératives.

La future organisation entend mutualiser ses moyens afin d’accroître ses capacités d’investissement et de mieux valoriser les productions de ses adhérents. Au Maroc, l’attention portera principalement sur les conséquences éventuelles pour Maïsadour Maroc, acteur de la filière des fruits et légumes frais tourné vers les marchés d’exportation.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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