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mardi 10 février 2026

Marchés émergents : pourquoi le Maroc fait figure d’exception

Le Maroc figure parmi les rares marchés émergents qui conservent un réel potentiel d’investissement à l’horizon 2026, selon l’analyse de Pictet Asset Management. Dans un environnement financier mondial en recomposition, le Royaume se distingue au sein d’un univers émergent devenu plus sélectif et plus exigeant pour les investisseurs internationaux.

Après deux années dominées par un arbitrage presque exclusif entre les États Unis et l’Europe, les flux d’investissement pourraient progressivement se redéployer vers les marchés émergents. Pour Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM, cette fenêtre d’opportunité reste toutefois limitée dans le temps et se concentre essentiellement sur 2026.

L’un des principaux moteurs de ce regain d’intérêt réside dans l’affaiblissement du dollar. La baisse de la devise américaine allège le poids des dettes libellées en billet vert et redonne de la marge de manœuvre aux banques centrales des pays émergents. Pictet AM anticipe la poursuite de ce mouvement en 2026, avec un euro pouvant atteindre 1,25 dollar, un scénario favorable aux économies émergentes les plus solides.

Dans cet environnement, tous les marchés ne se valent pas. La société de gestion insiste sur la nécessité d’une approche très ciblée. Les cycles de baisse des taux dans certains pays, à commencer par le Brésil, rendent la dette émergente particulièrement attractive, notamment en devise locale, avec des rendements réels élevés et une volatilité contenue grâce à une base d’investisseurs domestiques élargie.

Mais au sein des marchés dits frontières, le Maroc fait figure d’exception. Alors que la plupart de ces marchés restent sous valorisés, le Royaume n’entre plus dans cette catégorie aux yeux de Pictet. Cette situation traduit une reconnaissance accrue de la stabilité macroéconomique marocaine, de la profondeur progressive de son marché financier et de son positionnement singulier à la croisée de l’Europe, de l’Afrique et du Moyen Orient.

À l’inverse, la prudence reste de mise sur certains grands marchés émergents. En Chine, malgré la sortie de la déflation du côté de la consommation, la pression sur les marges industrielles persiste. Les plateformes technologiques ont toutefois retrouvé de la rentabilité grâce à une réduction marquée des investissements et à une discipline accrue sur les coûts. La robotique attire également l’attention, même si les opportunités cotées demeurent limitées.

L’Inde, pour sa part, suscite davantage de réserves. En l’absence de catalyseur clair, Pictet privilégie d’autres zones d’Asie, notamment le Japon, la Chine et certains marchés frontières d’Asie du Sud Est, jugés plus dynamiques et moins exposés à des valorisations excessives.

Dans ce paysage contrasté, le Maroc apparaît comme un cas à part. Sa singularité tient à un équilibre entre attractivité, visibilité et perception du risque. À court terme, cette position le distingue dans un univers émergent redevenu très concurrentiel. À plus long terme, la prudence reste néanmoins de mise, Pictet rappelant qu’au delà de 2026, les incertitudes liées aux devises et aux cycles macroéconomiques rendent toute projection plus délicate.

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