Marchés financiers au Maroc : un S1 2026 marqué par une forte volatilité

Wafa Gestion dresse un premier semestre 2026 marqué par la volatilité des marchés, la remontée des anticipations d’inflation et un environnement obligataire contrasté. Dans son rapport semestriel consacré aux OPCVM qu’elle gère, la société revient également sur le repli du MASI, le dynamisme du crédit bancaire et l’évolution du déficit commercial marocain.

Bank Al-Maghrib a relevé sa prévision d’inflation pour 2026 à 1,5 %, contre 0,8 % auparavant. Pour 2027, l’estimation ressort à 2,1 %, après une précédente prévision de 1,4 %. Wafa Gestion relie cette révision à un scénario intégrant un baril de pétrole à 92,3 dollars, sur fond de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de hausse du coût des intrants.

La pression sur les prix importés constitue également un point de vigilance. Le rapport fait état d’un renchérissement des importations de 6,2 %, tandis que les prix à la production restent orientés à la hausse.

Le financement bancaire continue parallèlement de soutenir l’activité. Les crédits ont progressé de 9,9 % en 2026, soit une hausse de 27 milliards de dirhams selon les données reprises par Wafa Gestion. Les financements accordés aux administrations publiques ont également contribué à cette évolution.

Sur le front extérieur, le déficit commercial s’est creusé à 75 milliards de dirhams à fin mai, contre 57 milliards à fin 2025. La hausse des prix du soufre et de l’énergie représente un impact estimé à 17 milliards de dirhams. Cette dégradation a toutefois été en partie absorbée par les flux provenant des Marocains résidant à l’étranger, des investissements directs étrangers et du tourisme.

Les avoirs officiels de réserve continuent de couvrir environ six mois d’importations. Le rapport souligne aussi l’effet de la levée de dette réalisée par le Trésor sur les marchés internationaux, pour un montant de 20 milliards de dirhams.

À la Bourse de Casablanca, le premier semestre a été particulièrement agité. Le MASI, qui avait terminé 2025 à 18 846 points, est descendu jusqu’à 16 399 points le 3 mars, soit une correction d’environ 13 %. L’indice a ensuite repris près de 10 % par rapport à ce point bas pour revenir à 18 022 points au 26 juin. Il restait néanmoins en baisse de 1,71 % depuis le début de l’année.

Les échanges ont atteint 49 milliards de dirhams sur la période. Ce montant progresse de 20 % par rapport à la même période de 2024, mais recule de 24 % par rapport au premier semestre 2025, qualifié d’exceptionnel dans le rapport. Le marché à terme, récemment lancé par la Bourse de Casablanca, a concentré 121 millions de dirhams d’échanges.

Les valeurs minières ont enregistré l’une des performances les plus marquées avec une progression de 111 % en 2026, soutenue par la hausse des matières premières et le démarrage de plusieurs projets. Ce secteur représente 56 % de l’évolution du chiffre d’affaires de la cote entre décembre 2025 et mars 2026, avec Managem en première ligne.

Les assurances ont également bien résisté. Wafa Assurance se distingue avec une progression de 47 % des primes collectées au cours des trois premiers mois de l’année, portée par l’assurance vie et les activités internationales. Les logiciels, les services informatiques et les boissons ont également affiché une certaine résistance.

D’autres secteurs ont davantage souffert de l’aversion au risque. Maroc Telecom a néanmoins enregistré une hausse de 5 % de son chiffre d’affaires au premier trimestre, grâce notamment à ses activités africaines et à la progression de l’usage de la data mobile. Cosumar a, de son côté, vu ses revenus reculer de 17,3 % sur la même période, dans un contexte de conditions météorologiques défavorables durant l’hiver.

Le marché obligataire a également connu des mouvements importants. La demande sur le primaire s’est principalement concentrée sur les Bons du Trésor à court et moyen terme. Les maturités moyennes ont représenté environ 61 % de la demande des investisseurs, tandis qu’une collecte soutenue a été observée sur les OPCVM monétaires et obligataires court terme, particulièrement en avril.

Le Trésor s’est essentiellement financé sur des maturités de deux et cinq ans. Après plusieurs mois de hausse, les taux ont commencé à se détendre à partir d’avril. Les niveaux adjugés ont reculé de 11,5 points de base sur le court terme, de 25 points sur le moyen terme et de 9 points sur les maturités longues.

La levée de dette internationale réalisée en mai a ensuite contribué à réduire la pression sur le marché obligataire local. Sur l’ensemble du semestre, les taux restent toutefois supérieurs de 12 points de base en moyenne à leurs niveaux de fin 2025.

Cette détente au deuxième trimestre a bénéficié aux indices obligataires. Depuis le début de l’année, le Moroccan Bond Index Court Terme affiche une progression de 1,15 % et le Moyen Terme de 1,09 %. Le segment Long Terme reste en baisse de 1,95 %, tandis que le MBI Global affiche une performance proche de l’équilibre à -0,08 %.

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