Maroc Telecom affiche une progression de son activité à fin septembre 2026, mais plusieurs indicateurs financiers et opérationnels témoignent d’une évolution plus contrastée. Malgré la hausse de 5,1 % de son chiffre d’affaires consolidé sur les neuf premiers mois de l’année, le groupe enregistre un tassement de sa marge opérationnelle, tandis que son parc mobile continue de se contracter sur le marché marocain.
Les revenus consolidés atteignent 26,882 milliards de dirhams, contre 25,577 milliards un an auparavant. Cette progression repose notamment sur les performances des filiales africaines, dont le chiffre d’affaires augmente de 6,9 %. Au Maroc, la croissance reste plus modérée, à 2,7 %.
La rentabilité opérationnelle ne suit toutefois pas entièrement cette dynamique commerciale. L’EBITDA consolidé s’établit à 14,377 milliards de dirhams, en hausse de 4,9 %, soit une progression légèrement inférieure à celle des revenus.
Cette différence se traduit par une contraction du taux de marge d’EBITDA, qui passe de 50,2 % à 49,1 % sur les neuf premiers mois de l’année. Le groupe perd ainsi 1,1 point de marge malgré l’augmentation de son activité.
Au Maroc, la pression apparaît également dans l’évolution de certains indicateurs de rentabilité. La marge d’EBITDA recule, alors que les activités africaines continuent de contribuer à la croissance du groupe.
Le résultat opérationnel après amortissements, mesuré par l’EBITA, affiche une évolution plus défavorable. Au niveau consolidé, il ressort à 8,625 milliards de dirhams, contre 10,638 milliards à fin septembre 2025, soit une diminution de 18,9 %.
Cette baisse contraste avec la progression de l’EBITDA et traduit un recul du résultat opérationnel après prise en compte des amortissements.
Sur le plan commercial, le marché marocain présente également des signes de faiblesse. Le parc mobile de Maroc Telecom s’établit à 18,948 millions de clients à fin septembre 2026, contre 19,522 millions un an plus tôt, soit une diminution de 2,9 %.
Cette évolution intervient alors que les filiales africaines poursuivent leur développement. Leur base de clients mobiles progresse de 4,3 %, confirmant une trajectoire différente de celle observée au Maroc.
Le groupe conserve néanmoins une dynamique positive sur certaines activités nationales. Le parc fixe marocain recule de 0,4 %, tandis que le nombre d’abonnements Internet fixe augmente de 9,2 %.
L’évolution des investissements constitue un autre élément important des résultats publiés. Maroc Telecom a consacré l’équivalent de 20,1 % de ses revenus aux dépenses d’investissement hors fréquences et licences sur les neuf premiers mois de 2026.
Cette mobilisation de ressources accompagne notamment le développement des infrastructures très haut débit mobile et fixe, ainsi que les projets destinés à soutenir la croissance des usages numériques.
Malgré cet effort d’investissement, le groupe parvient à améliorer sa génération de trésorerie. Son cash-flow opérationnel progresse de 9,1 % à fin septembre, porté par les performances de ses activités et l’évolution des investissements.
La dette nette diminue parallèlement de 16,9 %, pour s’établir à 21,018 milliards de dirhams, contre 25,286 milliards un an auparavant. Cette réduction constitue un facteur favorable dans un contexte de dépenses importantes consacrées aux réseaux.
Les résultats à fin septembre mettent ainsi en évidence deux évolutions distinctes. D’un côté, Maroc Telecom bénéficie de la progression de ses revenus, de la croissance de ses filiales africaines et d’une amélioration de sa situation d’endettement. De l’autre, le recul de certains indicateurs opérationnels et la diminution de sa clientèle mobile au Maroc continuent de peser sur le bilan de ses activités nationales.


