Mawazine : Tiësto, Lotfi Bouchnak et Sampa The Great marquent la 7e soirée

Mawazine a poursuivi jeudi soir son parcours à Rabat et Salé avec une septième soirée portée par des registres très différents, de l’électro internationale au tarab arabe, en passant par le hip-hop africain, les musiques lusophones, le chaâbi, la pop urbaine et le répertoire amazigh.

Pour cette 21e édition, le festival a de nouveau déployé sa programmation sur plusieurs scènes, chacune avec sa couleur. De l’OLM Souissi au Bouregreg, du Théâtre National Mohammed V au Chellah, de Nahda à Salé, la soirée a dessiné un itinéraire musical où les grandes figures internationales ont croisé les voix du patrimoine et les artistes marocains d’aujourd’hui.

Au Chellah, Eneida Marta a ouvert la journée dans un registre intimiste. La chanteuse de Guinée-Bissau a porté sur scène une musique nourrie par les mémoires d’Afrique de l’Ouest, dans un lieu dont la charge patrimoniale a renforcé la profondeur de son répertoire.

Le Théâtre National Mohammed V a accueilli Lotfi Bouchnak pour un concert dominé par le tarab et l’exigence vocale. Figure majeure de la chanson tunisienne et maghrébine, l’artiste a défendu une musique fidèle à son identité, sans fermer la porte à l’évolution. Sur scène, cette approche s’est traduite par une interprétation dense, construite autour d’un répertoire façonné sur plusieurs décennies.

À l’OLM Souissi, Tiësto a fait basculer la soirée dans l’énergie électro. Le DJ néerlandais, référence mondiale de la dance music, a transformé la scène internationale en immense espace de fête. Sa prestation a confirmé la capacité du site à accueillir les grands rassemblements populaires et à faire de Rabat un dancefloor à ciel ouvert.

Sur la scène Bouregreg, Sampa The Great a imposé une présence puissante. L’artiste zambienne a mêlé hip-hop, rap, soul, jazz et influences africaines dans une performance portée par une écriture engagée et une identité artistique affirmée. Son concert a prolongé l’esprit de cette scène, tournée vers les voix du continent et les créations qui relient héritage et modernité.

Nahda a mis en avant deux parcours marocains. Aminux y a retrouvé Mawazine avec une émotion particulière, exprimant sa fierté de revenir devant le public du festival et son ambition de porter la musique marocaine vers de nouveaux horizons. Son concert a rappelé sa place dans une pop urbaine marocaine attentive aux sonorités actuelles.

Karima Ghait a donné à cette même scène une tonalité plus patrimoniale. Pour sa première participation à Mawazine, l’artiste a choisi de rendre hommage à la musique amazighe et à une part essentielle de son héritage. Sa présence a renforcé la diversité des expressions marocaines représentées durant cette soirée.

À Salé, Abdelaziz Stati et Hamid Serghini ont porté la ferveur populaire du chaâbi. Devant un public nombreux, les deux artistes ont fait vivre des répertoires ancrés dans la mémoire collective marocaine. La scène de Salé a ainsi confirmé son rôle de lieu de proximité, de fête et de transmission au sein du festival.

Cette septième soirée a réuni plusieurs lignes fortes de Mawazine. Tiësto a incarné l’énergie planétaire de l’électro, Lotfi Bouchnak la profondeur du chant arabe, Sampa The Great la vitalité créative africaine, Eneida Marta la sensibilité lusophone, tandis qu’Aminux, Karima Ghait, Abdelaziz Stati et Hamid Serghini ont porté la richesse des scènes marocaines.

À l’approche de ses derniers rendez-vous, Mawazine confirme sa vocation de grand espace de rencontre musicale. Rabat et Salé y deviennent, le temps du festival, un carrefour où les publics se croisent autour de répertoires populaires, exigeants et ouverts sur le monde.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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