Le gouvernement réforme le statut des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire. Le décret n°2.26.342, publié au Bulletin officiel du 4 mai 2026, actualise un cadre réglementaire en vigueur depuis 1993 et introduit de nouvelles dispositions destinées à rendre les parcours de formation plus attractifs, plus lisibles et mieux adaptés aux besoins du système national de santé.
Les principales mesures ont été présentées le 15 mai lors d’une conférence de presse conjointe par Amine Tahraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale, et Azzedine Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. La réforme s’inscrit dans le chantier Royal de généralisation de la protection sociale et de refonte du système national de santé.
Le changement le plus attendu concerne la durée d’engagement des médecins spécialistes. Le régime de huit ans sera progressivement ramené à trois ans, avec un calendrier transitoire conçu pour préserver la continuité de la présence médicale dans le secteur public. Les promotions 2024 et 2025 seront soumises à un engagement de six ans, tandis que la durée sera progressivement réduite pour les promotions suivantes, jusqu’à l’entrée en vigueur du régime définitif de trois ans à partir de 2032.
Le texte ouvre également l’accès au concours d’internat dès la fin de la quatrième année d’études, contre la cinquième année auparavant. Cette mesure vise à accélérer les parcours de spécialisation et à répondre plus rapidement aux besoins en médecins spécialistes.
Le décret clarifie aussi le statut des étudiants en formation, qu’ils soient stagiaires observateurs, externes, internes ou résidants. Leur intégration progressive au sein des Groupements Sanitaires Territoriaux doit permettre une formation davantage ancrée dans les besoins régionaux et mieux connectée à l’offre de soins.
Les résidants bénéficient, de leur côté, d’un cadre statutaire plus stable. Ils seront nommés dès la première année de résidanat au premier échelon du premier grade du cadre des médecins, pharmaciens ou médecins-dentistes, avec attribution de l’indice 509. Cette disposition vise à renforcer leur stabilité administrative, matérielle et sociale.
Le ministère met aussi en avant la préservation des acquis des promotions actuellement en formation. Le mécanisme transitoire doit permettre d’accompagner la réforme sans rupture, tout en assurant la présence de professionnels dans les structures publiques de santé.
Selon les projections présentées, la hausse de 133 pour cent des capacités de formation entre 2020 et 2025 devrait permettre d’intégrer 6.641 médecins spécialistes supplémentaires dans le secteur public d’ici 2032. À l’horizon 2030, le système devrait produire 2.000 lauréats par an, contre environ 1.300 dans le modèle précédent.

