Migration : au large du Maroc, les Canaries sous pression

Le regain des arrivées de migrants aux îles Canaries place les autorités espagnoles face à une nouvelle pression migratoire sur la façade atlantique, au large du Maroc. En quelques jours, plusieurs milliers de personnes ont été secourues en mer, une situation qui met à rude épreuve les capacités d’accueil de l’archipel.

Entre le 1er et le 6 novembre, les équipes de secours espagnoles ont pris en charge 3 261 migrants, selon les chiffres communiqués par le gouvernement régional des Canaries. Ce niveau d’arrivées se rapproche des pics enregistrés en 2024, malgré une baisse globale des flux migratoires observée depuis le début de l’année.

Fernando Clavijo, président du gouvernement des Canaries, a alerté vendredi 6 novembre sur les difficultés rencontrées par les autorités locales. L’île d’El Hierro, qui compte environ 11 400 habitants, figure parmi les territoires les plus exposés à ces arrivées. Le responsable régional estime que la pression actuelle dépasse les capacités de gestion de l’île.

Situé dans l’Atlantique, à proximité des côtes marocaines, l’archipel espagnol constitue l’une des principales portes d’entrée européennes pour les migrants empruntant la route maritime depuis l’Afrique de l’Ouest. Les traversées s’effectuent souvent sur de longues distances, à bord d’embarcations fortement chargées, dans des conditions particulièrement dangereuses.

Le bilan humain des dernières semaines témoigne de ces risques. Au moins neuf personnes ont perdu la vie au large des Canaries. Un nourrisson arrivé dans un état critique a également dû être évacué par avion vers un établissement hospitalier.

La période automnale favorise généralement une augmentation des départs sur cet itinéraire atlantique. L’apaisement relatif des conditions météorologiques encourage davantage de tentatives, sans faire disparaître les dangers liés aux courants marins et à l’état de la mer.

Cette accélération récente contraste avec la tendance enregistrée sur une période plus longue. Durant les dix premiers mois de 2026, les arrivées aux Canaries ont reculé de près de 61 % par rapport aux chiffres de la même période en 2024.

Le Maroc occupe une place géographique importante dans cet environnement migratoire, en raison de sa proximité avec l’archipel et de ses frontières avec les territoires espagnols de Ceuta et Melilla. La situation actuelle aux Canaries concerne toutefois principalement la route atlantique empruntée depuis l’Afrique de l’Ouest.

Les déclarations des responsables canariens interviennent également dans un contexte marqué par les événements survenus à Sebta plus de trois mois auparavant. Selon les informations rapportées par Reuters, plus de 72 000 migrants en provenance du Maroc avaient alors tenté de rejoindre cette ville sous administration espagnole. Les autorités marocaines et espagnoles avaient fait état d’environ une centaine de décès, principalement liés à des noyades.

La nouvelle hausse des arrivées aux Canaries remet ainsi au premier plan les difficultés rencontrées par l’Espagne dans la gestion des flux migratoires sur sa façade atlantique, alors que le Maroc demeure un acteur géographique central des questions migratoires entre l’Afrique et l’Europe.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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