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lundi 9 février 2026

OMC : les États de l’OCI affinent leurs positions à Casablanca

Les travaux de l’atelier régional préparatoire à la quatorzième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce ont démarré lundi à Casablanca, réunissant les États membres de l’Organisation de la Coopération Islamique autour des enjeux clés du commerce multilatéral.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des précédentes initiatives similaires, dont le dernier atelier organisé en Tunisie en 2024. Elle vise à renforcer la concertation entre les pays membres de l’OCI à l’approche de la Conférence ministérielle prévue à Yaoundé. Pendant deux jours, les participants se penchent sur les résultats de la treizième Conférence ministérielle, l’état d’avancement des négociations en cours et les aspects organisationnels liés à la prochaine échéance.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, la directrice générale du Centre Islamique pour le Développement du Commerce, Latifa El Bouabdallaoui, a rappelé que la Conférence de Yaoundé, programmée du 26 au 29 mars 2026, intervient dans un contexte international tendu. Elle a évoqué la fragmentation des chaînes de valeur mondiales, la montée des tensions géopolitiques et le retour de pratiques protectionnistes, autant de facteurs qui mettent à l’épreuve le système commercial multilatéral.

Selon elle, cette conférence doit constituer un moment clé pour restaurer la confiance dans le multilatéralisme commercial et réaffirmer le rôle central de l’Organisation mondiale du commerce dans la régulation des échanges internationaux. Elle a souligné l’importance de préserver un multilatéralisme inclusif, capable de répondre aux attentes des pays en développement.

Face à ces défis, Mme El Bouabdallaoui a insisté sur la nécessité pour les États membres de l’OCI de renforcer leur coordination politique afin de peser davantage dans les négociations commerciales et de défendre leurs intérêts communs. Elle a rappelé que les priorités inscrites à l’agenda de la Conférence ministérielle touchent directement aux enjeux stratégiques de ces pays, notamment la réforme de l’OMC, l’agriculture et la sécurité alimentaire, le traitement spécial et différencié, ainsi que les questions émergentes liées au commerce numérique, à la transition écologique et à l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

Elle a également souligné que ces dossiers relèvent de véritables choix de souveraineté économique pour les États concernés.

De son côté, Éric Ambassa, point focal de l’OMC pour le Cameroun, a mis en avant l’importance de l’organisation par son pays de la quatorzième Conférence ministérielle. Selon lui, cette échéance représente une opportunité majeure pour les pays de l’OCI de consolider leurs positions communes avant les négociations.

Il a rappelé que les discussions au sein de l’OMC s’inscrivent principalement dans le cadre de groupes constitués, ce qui rend indispensable une convergence en amont. Une coordination renforcée permettrait, selon lui, aux pays de l’OCI de s’exprimer d’une seule voix et de défendre plus efficacement leurs intérêts lors de la Conférence de Yaoundé.

Organisé par le Centre Islamique pour le Développement du Commerce en collaboration avec la Banque Islamique de Développement et le ministère de l’Industrie et du Commerce, l’atelier réunit des représentants des ministères du Commerce des pays membres de l’OCI, ainsi que des acteurs de l’OMC, de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, du Centre du Commerce International, de la Ligue des États arabes, de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale et d’autres organisations régionales et internationales.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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