Le marché marocain des Organismes de placement collectif immobilier (OPCI) a terminé l’année 2025 sur une progression de ses encours. Selon les indicateurs du deuxième semestre publiés par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), l’actif net de ces véhicules d’investissement a atteint 133,97 milliards de dirhams à fin décembre, contre 109,62 milliards trois mois auparavant. Cette évolution représente une hausse de 22,2% sur le dernier trimestre de l’année.
Le secteur comptait 65 OPCI à fin décembre 2025, contre 58 à fin septembre et 55 à fin mars. Leur gestion était assurée par huit sociétés agréées, tandis que 16 évaluateurs immobiliers intervenaient dans la valorisation des actifs. Au total, les portefeuilles détenaient 2.778 biens immobiliers, estimés à 176,04 milliards de dirhams. L’endettement cumulé des OPCI s’établissait, pour sa part, à 52,27 milliards de dirhams.
Les fonds adoptant une politique d’investissement diversifiée continuent de concentrer l’essentiel du marché. Au nombre de 53, ils représentent 91,2% de l’actif net global. Les 12 OPCI spécialisés, dont les placements ciblent principalement une catégorie de biens ou un secteur d’activité, se partagent les 8,8% restants.
La composition des portefeuilles immobiliers révèle une forte présence des bâtiments destinés à l’enseignement et à la formation, qui représentent 50,3% de la valeur des actifs détenus. Les immeubles à usage administratif arrivent derrière, avec 18,5%, suivis des bureaux, à hauteur de 17,8%. Les autres catégories, notamment les locaux commerciaux, les établissements de santé, les entrepôts logistiques et les actifs à usage mixte, occupent des proportions plus limitées.
Les données de l’AMMC font également ressortir des niveaux d’occupation élevés. À fin décembre 2025, le taux d’occupation physique moyen des biens immobiliers détenus par les OPCI atteignait 98,7%, tandis que le taux d’occupation financier ressortait à 98,6%. Ces deux indicateurs mesurent respectivement la part des surfaces effectivement occupées et le rapport entre les loyers facturés et le potentiel locatif des actifs.
Des différences apparaissent toutefois selon les stratégies de placement. Les OPCI diversifiés affichent un taux d’occupation physique moyen de 98,9%, contre 96,1% pour les fonds spécialisés. Sur le plan financier, les proportions s’établissent respectivement à 98,7% et 96,5%.
La répartition territoriale des investissements confirme le poids des principaux pôles économiques du Royaume. La région de Rabat-Salé-Kénitra concentre 30,7% de la valeur des actifs immobiliers des OPCI, devant Casablanca-Settat, qui en représente 18,9%. Les régions de Fès-Meknès et de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma figurent également parmi les territoires accueillant ces investissements.
Les placements immobiliers constituent 95,5% des actifs détenus par les OPCI, contre 4,5% pour les actifs financiers. Cette prédominance se retrouve dans les deux grandes catégories de fonds, avec une part immobilière de 95,7% pour les OPCI diversifiés et de 93,4% pour les OPCI spécialisés.
Du côté des souscripteurs, les banques et les compagnies d’assurances, organismes de prévoyance et de retraite occupent les premières places. Les établissements bancaires détiennent 38% de l’actif net des OPCI, contre 36,6% pour les assureurs et organismes de prévoyance et de retraite. La Caisse de dépôt et de gestion représente 9,2%, tandis que les entreprises non financières comptent pour 7,7%.
Les chiffres arrêtés à fin décembre 2025 mettent ainsi en évidence l’élargissement du marché des OPCI, tant par le nombre de fonds en activité que par les montants placés sous gestion. Ils témoignent également d’une concentration des investissements dans certaines catégories d’immeubles et d’une prédominance des investisseurs institutionnels dans la détention des parts.


