Le dossier des soutiens publics à l’importation et à l’élevage du bétail revient devant la Chambre des représentants. Les groupes de l’opposition ont relancé leur demande de création d’une commission d’enquête parlementaire, avec l’objectif d’obtenir plus de clarté sur les montants engagés, les bénéficiaires et les effets réels des dispositifs mis en place.
Selon des informations rapportées par Alyaoum24, les groupes de l’opposition ont commencé à collecter les signatures nécessaires à la constitution de cette commission. Des courriers signés par les présidents des groupes concernés auraient été adressés aux formations de la majorité ainsi qu’aux députés non-inscrits, afin de les inviter à soutenir l’initiative.
La démarche place la majorité devant un choix politique délicat. La création d’une commission d’enquête nécessite la signature d’un tiers des membres de la Chambre des représentants. L’opposition dispose de 98 députés, alors que le seuil requis tourne autour de 133 signatures. Elle doit donc obtenir des appuis au-delà de ses propres rangs.
Le sujet est sensible au sein même de la majorité. Les groupes du PAM et de l’Istiqlal ont déjà critiqué, à plusieurs reprises, la hausse des prix et l’efficacité limitée des mesures de soutien public dans le secteur. Cette configuration donne à l’initiative de l’opposition une portée politique plus large qu’une simple démarche de contrôle parlementaire.
Au centre du débat figurent les aides accordées à l’importation de bétail, mais aussi le programme de reconstitution du cheptel national. Ce dernier prévoit des aides directes aux éleveurs pour un montant global estimé à 12,8 milliards de dirhams. À cela s’ajoutent les mesures instaurées depuis octobre 2022, notamment l’exonération des droits de douane, la prise en charge de la TVA à l’importation par l’État et la subvention de 500 dirhams par tête de mouton importée pour l’Aïd al-Adha en 2023 et 2024.
Pour ses détracteurs, ces dispositifs n’ont pas permis de produire des effets visibles sur les prix de la viande ni de préserver suffisamment le cheptel national. Le ministère de l’Agriculture avait, de son côté, indiqué en 2025 que le soutien direct accordé à l’importation des ovins n’avait pas dépassé 437,877 millions de dirhams sur deux années, dans un débat marqué par des écarts importants autour des chiffres avancés publiquement.
L’opposition veut donc établir le montant réel et global des aides, exonérations et mécanismes de soutien accordés au secteur. Elle souhaite également vérifier les critères appliqués aux importateurs bénéficiaires, les cahiers des charges retenus, le nombre exact d’opérateurs concernés, leur profil, la date de création de leurs entreprises et la nature de leurs activités.
Déjà en avril 2025, plusieurs groupes parlementaires de l’opposition avaient demandé une commission d’enquête sur les subventions à l’importation de bétail, en s’appuyant sur l’article 67 de la Constitution et les règles relatives au contrôle parlementaire.

