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jeudi 5 février 2026

Pourquoi le Maroc achète du blé français plus cher que le blé argentin ?

Malgré un coût supérieur, le blé français continue d’être privilégié par le Maroc, au détriment d’origines moins chères comme l’Argentine. Un choix guidé moins par le prix que par les exigences de qualité du secteur meunier.

Les prix du blé demeurent soutenus à l’échelle mondiale, portés par les tensions climatiques qui frappent les grandes zones de production. Des vagues de froid s’abattent actuellement sur l’hémisphère nord, en particulier sur les plaines agricoles des États-Unis et d’Ukraine. Dans ces régions, la faible couverture neigeuse accroît les risques de pertes sur les cultures de blé d’hiver, une situation jugée préoccupante par les opérateurs du marché.

À Chicago comme à Paris, les cotations restent fermes. Sur Euronext, la tonne de blé s’échangeait mercredi à 193,5 euros pour livraison en mars, portée également par la hausse du dollar face à l’euro. Le maïs suivait la même tendance avec une cotation à 191,75 euros la tonne.

Dans ce contexte, la filière française parvient à tirer son épingle du jeu, notamment en Afrique du Nord et de l’Ouest. Le Maroc, en particulier, maintient ses achats auprès de la France, en dépit d’un écart de prix défavorable par rapport aux origines argentine ou de la mer Noire.

Ce choix s’explique avant tout par des critères qualitatifs. Le blé argentin, principal concurrent sur le marché régional, souffre d’un taux de protéines trop faible, insuffisant pour répondre aux exigences des meuniers marocains. Ces derniers, soucieux de maintenir des standards élevés pour la fabrication de farine, privilégient une matière première offrant de meilleures garanties de panification.

Ce positionnement qualitatif permet donc au blé français de conserver des débouchés stratégiques, malgré un environnement concurrentiel de plus en plus tendu.

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