La population carcérale a diminué de 5,45 pour cent entre 2024 et 2025, selon le rapport annuel des activités 2025 de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion. Au 31 décembre 2025, les établissements pénitentiaires comptaient 99.366 détenus, contre un niveau plus élevé un an auparavant.
Cette baisse s’explique par un double mouvement. Le nombre de nouveaux arrivants a reculé, passant de 101.157 en 2024 à 98.446 en 2025. Dans le même temps, les libérations ont progressé, avec 104.485 sorties enregistrées en 2025, contre 98.673 l’année précédente. La DGAPR y voit une évolution favorable, marquée par un rythme de libération plus soutenu et une diminution des nouvelles admissions.
Le rapport dresse aussi le profil de la population détenue à la fin de l’année. Parmi les 99.366 personnes incarcérées, la DGAPR recense 1.112 mineurs, 2.456 femmes, 62.982 célibataires, 2.339 personnes âgées, 14.820 chômeurs et 1.696 étrangers. Les personnes placées en détention préventive sont au nombre de 8.785. L’âge moyen des détenus s’établit à 33,62 ans.
Les célibataires restent largement majoritaires, avec 63,38 pour cent de la population carcérale, contre 29,44 pour cent pour les personnes mariées. Les moins de 30 ans représentent plus de 45 pour cent de l’ensemble des détenus, confirmant le poids important des jeunes adultes dans les prisons. Les femmes demeurent très minoritaires, avec une part limitée à 2,47 pour cent.
Le niveau d’instruction met en évidence une forte concentration parmi les détenus ayant suivi des études primaires ou collégiales, qui représentent plus de 74 pour cent du total. Les personnes analphabètes comptent pour 8,82 pour cent, tandis que les détenus ayant un niveau universitaire représentent 4,14 pour cent.
La répartition régionale place Casablanca-Settat en tête, avec 19,76 pour cent des détenus. Rabat-Salé-Kénitra arrive ensuite avec 17,92 pour cent, devant Fès-Meknès, qui concentre 15,34 pour cent de la population carcérale.
La baisse du nombre de détenus n’efface toutefois pas la pression sur les établissements pénitentiaires. À fin 2025, la superficie totale réservée à l’hébergement atteignait 178.413 mètres carrés, pour une capacité d’environ 64.812 lits. Le taux de surpopulation est descendu à 153 pour cent au niveau national, contre 161 pour cent à fin 2024.
Ce recul de 8 points s’explique notamment par la diminution de 5.689 détenus sur l’année. Il traduit une amélioration, mais confirme aussi que les prisons marocaines restent confrontées à une densité élevée, malgré la baisse enregistrée en 2025.

