À quelques jours du début du Ramadan 2026, les grilles des chaînes marocaines confirment une rupture attendue depuis plusieurs saisons. Les traditionnels sitcoms, longtemps piliers des soirées du mois sacré, ont tout simplement disparu de la programmation.
Aucun tournage n’a été lancé ces dernières semaines (à l’exception de certaines sitcoms marocaines qui seront tout de même diffusées sur MBC5). Un silence inhabituel dans une période habituellement marquée par une intense activité en studios. Même la deuxième saison de « Khou Khwatatu », qui avait obtenu un premier feu vert de 2M, n’a finalement pas vu ses caméras s’allumer. Une seule capsule humoristique de moins de 15 minutes est prévue entre 18h25 et 18h40 sur 2M. Intitulée « Yawmiyat Mahjouba wa Tibaria », deux personnages que le public marocain avait connu l’année dernière sur la série dramatique « Zouj Wjouh », elle sera diffusée à l’heure du ftour juste avant la très attendue saison 3 de « Bnat Lalla Mennana » qui débutera à 18h40 et dont les faits se déroulent vingt années après ceux de la saison 2 de la série éponyme.
Depuis des années, les sitcoms marocaines cristallisent les critiques. Les téléspectateurs pointent des scénarios jugés fragiles, des intrigues qui se répètent et un humour considéré comme usé. Malgré la mobilisation d’acteurs connus et des budgets conséquents, plusieurs productions ont peiné à fidéliser le public. À chaque Ramadan, les réseaux sociaux relayaient des appels au boycott, révélant un malaise durable.
Les diffuseurs semblent avoir tiré les leçons de cette défiance. La tendance s’oriente désormais vers des séries plus construites, étalées sur quinze à trente épisodes. L’ambition affichée consiste à privilégier des histoires mieux développées et des personnages plus consistants, loin des enchaînements rapides de gags qui ne font plus rire personne.
Plusieurs professionnels du secteur rappellent toutefois que ce changement de cap ne suffira pas à lui seul. Une sélection plus rigoureuse des projets et l’ouverture à de nouvelles plumes seront déterminantes pour redonner souffle et crédibilité à la fiction ramadanesque marocaine. En attendant également la suppression des séries turques et autres bizarreries télévisées insipides et non constructives diffusées le reste de l’année…





