Le gouvernement a tenu à répondre avec précision aux doutes exprimés autour de la viabilité financière du programme de soutien social direct. Dans une réponse écrite adressée au groupe parlementaire du Mouvement populaire, Fouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget, a détaillé les mécanismes mis en place pour garantir la continuité et la solidité de ce dispositif, placé au cœur du chantier de généralisation de la protection sociale lancé sous la conduite de S.M. le Roi Mohammed VI.
Le soutien social direct, actif depuis décembre 2023, s’adresse à près de 60 % de la population non couverte jusqu’alors. Il vise les familles modestes, les personnes en situation de handicap, les ménages sans enfants scolarisés ainsi que les nouveaux-nés. L’aide mensuelle, calculée selon la composition du foyer, commence à 500 dirhams et peut atteindre 1.500 dirhams. À ce jour, un budget de 49 milliards de dirhams a été mobilisé pour alimenter le dispositif.
Pour structurer ce chantier à long terme, le gouvernement s’est appuyé sur la création d’un fonds unique : le Fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale. Il regroupe les financements auparavant éparpillés dans différents programmes, comme Tayssir, le RAMED, l’aide aux veuves ou encore le Fonds de solidarité familiale. Cette centralisation vise à renforcer l’impact et la cohérence de l’action publique.
Mais au-delà de cette rationalisation, le financement repose sur un éventail de ressources qualifiées de durables et diversifiées. Le fonds est notamment alimenté par plusieurs contributions fiscales ciblées : la taxe intérieure de consommation appliquée à des produits comme le tabac ou les appareils énergivores, la contribution de solidarité sur les bénéfices des entreprises, la taxe sur les contrats d’assurance ou encore une taxe sur les jeux de hasard introduite en 2025. À cela s’ajoutent les recettes issues de la contribution exceptionnelle sur les avoirs détenus à l’étranger, mise en place un an plus tôt.
Cette diversification des sources vise à atténuer la dépendance vis-à-vis des dotations budgétaires classiques. Elle s’inscrit dans un contexte de dynamisme fiscal, que le ministre met en avant : en 2024, les recettes ordinaires de l’État ont atteint 313 milliards de dirhams, en hausse de près de 14 % par rapport à l’année précédente. Cette évolution s’est reflétée dans les comptes du Fonds d’appui, dont les revenus sont passés de 15,2 à 24,7 milliards de dirhams sur la même période.
La réforme du système de compensation vient appuyer ce chantier. Les marges budgétaires dégagées par la réduction progressive des subventions sont redirigées vers le soutien social direct et le régime AMO-Tadamon, destiné à étendre la couverture santé.
Dans sa réponse, Fouzi Lekjaâ insiste : la stratégie du gouvernement repose sur une ingénierie financière assumée, combinant économies, recettes fiscales dédiées et pilotage rigoureux. L’enjeu est clair : garantir la pérennité d’un filet social capable d’accompagner la transformation du modèle de développement du Royaume.




