Le ministère de la Santé et de la Protection sociale élargit l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le suivi des grossesses en milieu rural. Après une première expérimentation menée dans dix centres de santé de la région Béni Mellal-Khénifra, le dispositif d’échographie prénatale assistée par IA sera installé dans 40 établissements supplémentaires, portant à 50 le nombre de structures concernées.
Cette décision intervient après une phase pilote durant laquelle 416 femmes enceintes ont bénéficié du programme. Au total, 27 sages-femmes ont été formées à cette technologie, qui a permis d’examiner plus de 16 500 structures anatomiques fœtales à l’aide de l’intelligence artificielle.
Le projet répond notamment aux difficultés rencontrées par les habitantes des zones rurales pour accéder aux examens prénataux. Avant son lancement, les patientes devaient parcourir en moyenne 90 kilomètres pour réaliser une échographie, faute de spécialistes et d’équipements disponibles à proximité de leur domicile.
Le ministère a donc choisi de mettre cette technologie à la disposition des sages-femmes et des médecins généralistes qui assurent le suivi des grossesses dans les centres de santé locaux, souvent sans l’appui direct d’un gynécologue ou d’un radiologue.
Le matériel utilisé comprend une sonde échographique portable reliée à une tablette numérique. L’application accompagne le professionnel de santé dans la réalisation de sept balayages selon un protocole standardisé. Les images obtenues sont ensuite traitées instantanément par un système d’intelligence artificielle.
Celui-ci permet notamment de reconnaître plusieurs éléments anatomiques du fœtus, dont la tête, le cœur et la colonne vertébrale. L’examen porte également sur le placenta et le liquide amniotique. À l’issue de cette analyse, un compte rendu médical numérique est produit, puis soumis à la vérification et à la validation d’un médecin.
La technologie intègre aussi les informations recueillies pendant les consultations prénatales. Les données, auparavant consignées sur des documents papier, sont désormais enregistrées dans un dossier médical centralisé, consultable lors des visites suivantes.
Les premiers résultats communiqués par le ministère font état d’une réduction importante du temps nécessaire à la réalisation des examens. Leur durée aurait été divisée par deux à trois, permettant aux équipes soignantes de prendre en charge les patientes plus rapidement.
L’accès à l’échographie directement dans les centres de proximité modifie également les conditions d’orientation vers les établissements hospitaliers. Jusqu’à présent, de nombreuses femmes enceintes étaient adressées à l’hôpital parce que les professionnels locaux ne disposaient pas des moyens nécessaires pour apprécier le déroulement de leur grossesse.
Le nouvel équipement permet de mieux distinguer les situations nécessitant une prise en charge spécialisée de celles pouvant continuer à être suivies localement. Selon le ministère, cette évolution contribue à limiter les transferts hospitaliers et les dépenses qu’ils entraînent pour les familles comme pour le système de santé.
Le dépistage précoce constitue un autre apport du programme. Les examens peuvent notamment aider à repérer des signes de pré-éclampsie, des anomalies du liquide amniotique ou des irrégularités du rythme cardiaque fœtal. Les patientes présentant des complications peuvent ainsi être orientées vers les structures adaptées.
Certaines malformations graves, susceptibles d’être identifiées dès le premier trimestre de grossesse, peuvent également être détectées plus tôt grâce à ces examens. Cette possibilité doit permettre aux familles de recevoir les informations médicales nécessaires et de bénéficier d’un accompagnement approprié.
Le ministère souligne que les 27 sages-femmes formées utilisent déjà cette solution dans leur activité quotidienne. Les premiers retours des professionnels de santé sont jugés encourageants, notamment concernant l’intégration du dispositif dans les consultations habituelles.
Avec l’équipement annoncé de 40 nouveaux centres, Béni Mellal-Khénifra devient la première région concernée par un déploiement élargi de cette technologie. Le ministère envisage, à terme, son introduction progressive dans d’autres régions du Royaume, afin de faciliter l’accès aux échographies prénatales dans les territoires où les services spécialisés restent éloignés.


