Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a tenu à relativiser les incidents maritimes signalés au large de Sebta, à la suite des mouvements migratoires enregistrés fin juillet.
Interrogé ce lundi 12 octobre sur la présence présumée de bâtiments de la Marine royale marocaine dans des eaux considérées comme espagnoles par Madrid, le chef du gouvernement a insisté sur la solidité des relations bilatérales et la poursuite de la coopération entre les deux pays.
Selon la télévision publique espagnole TVE, Pedro Sánchez a reconnu que des navires militaires marocains avaient pénétré sans autorisation dans les eaux revendiquées par l’Espagne, tout en présentant ces épisodes comme des incidents ponctuels entre États voisins.
Ces déclarations font suite à des informations publiées par le quotidien espagnol El País. Citant des sources anonymes, le journal affirme qu’au moins une frégate et plusieurs patrouilleurs de la Marine royale marocaine auraient navigué dans la zone après les événements migratoires de juillet. Une frégate espagnole serait alors intervenue pour les éloigner.
Le Premier ministre espagnol n’a cependant pas confirmé publiquement les détails opérationnels avancés par El País. Il a préféré mettre l’accent sur la continuité des échanges entre les forces navales marocaines et espagnoles, malgré les tensions survenues durant cette période.
Pedro Sánchez a notamment rappelé que la proximité géographique des deux pays pouvait occasionnellement donner lieu à des incidents, sans que ceux-ci remettent nécessairement en cause leur coopération. Il a également réaffirmé l’importance des rapports entretenus par Madrid avec Rabat.
Ces développements interviennent après une séquence migratoire particulièrement importante à Sebta. Fin juillet, plus de 72 000 migrants avaient franchi la frontière, provoquant une situation humanitaire complexe et alimentant les débats politiques en Espagne, où des élections législatives anticipées sont prévues le 29 novembre.
Si une grande partie des personnes ayant traversé la frontière ont regagné le Maroc au cours des semaines suivantes, plusieurs milliers se trouvaient encore sur place, selon les informations rapportées par Reuters.
La question migratoire demeure l’un des principaux dossiers de coopération entre Rabat et Madrid. Vendredi, S.M le Roi Mohammed VI a estimé que le dispositif actuel avait atteint ses limites, notamment en raison des décisions judiciaires espagnoles qui compliquent le retour des mineurs et des demandeurs d’asile. Le Souverain a qualifié d’obsolètes certaines de ces dispositions.
Les propos de Pedro Sánchez surviennent également avant le déplacement annoncé du Roi Felipe VI et de la Reine Letizia à Sebta, prévu mardi et mercredi. Cette visite intervient dans un contexte diplomatique sensible, alors que le Maroc maintient ses revendications de souveraineté sur Sebta et Melilia, deux territoires administrés par l’Espagne.
Malgré ces divergences, le chef du gouvernement espagnol a choisi de privilégier un discours d’apaisement. Ses déclarations soulignent la volonté de Madrid de préserver ses relations avec Rabat, particulièrement dans les domaines de la sécurité maritime et de la gestion des flux migratoires.


