Quelque 1 500 migrants ont rejoint Sebta à la nage depuis le Maroc en une semaine, provoquant une saturation du dispositif local d’accueil. Le dirigeant de la ville, Juan Jesús Vivas, évoque une urgence humanitaire, sociale et sécuritaire nécessitant une intervention rapide de l’État espagnol.
Les arrivées atteignent désormais près de 300 personnes par jour. Plusieurs centaines de migrants sont contraintes de dormir dehors, tandis que les structures réservées aux mineurs non accompagnés fonctionnent très au-delà de leurs capacités.
Sebta, ville marocaine sous administration espagnole, constitue avec Melilla l’une des principales voies terrestres d’accès à l’Union européenne depuis le continent africain. Cette situation géographique en fait régulièrement un point de passage pour les migrants cherchant à gagner l’Europe.
Juan Jesús Vivas a demandé une réponse coordonnée des autorités espagnoles. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, doit se rendre sur place pour rencontrer les responsables locaux et les services de sécurité.
Le gouvernement espagnol affirme mobiliser plusieurs ministères afin de renforcer le contrôle des frontières et d’apporter une assistance aux personnes arrivées sur le territoire.
La situation rappelle les événements de mai 2021, lorsque près de 10 000 personnes avaient rejoint Sebta en quelques jours. Les autorités locales redoutent désormais une nouvelle aggravation si le rythme actuel se maintient.
Juan Jesús Vivas a également alerté sur le coût humain de ces traversées. Selon lui, 60 corps ont été repêchés en mer au cours des derniers mois.
Le ministère espagnol de l’Intérieur indique que les forces de sécurité marocaines participent aux efforts destinés à limiter les départs. Le responsable de Sebta réclame parallèlement une évolution de la législation espagnole après une décision de la Cour suprême interdisant certains renvois immédiats de migrants interceptés en mer.


