La filière sucrière marocaine entame la campagne agricole 2026-2027 avec des ressources hydriques nettement supérieures à celles de l’année précédente. Cosumar prévoit de consacrer 63.000 hectares à la culture de la betterave et de la canne à sucre, dans un contexte marqué par la remontée du niveau des barrages desservant les principaux bassins de production.
D’après les données communiquées mardi 13 octobre par le groupe, les retenues des barrages concernés affichent un taux de remplissage de 67%, contre 32% à la même période en 2025. Cette évolution intervient après plusieurs années de difficultés liées au manque d’eau et permet au groupe de préparer une campagne agricole de plus grande envergure.
Le programme annoncé réserve 60.000 hectares à la betterave sucrière et 3.000 hectares à de nouvelles plantations de canne à sucre. Les premières opérations ont commencé le 20 août pour la canne, tandis que les semis de betterave ont été lancés le 15 septembre.
La répartition géographique place les Doukkala au premier rang des zones betteravières, avec 18.500 hectares programmés. Le Tadla suit avec 15.500 hectares, devant le Gharb et ses 15.000 hectares. Les superficies prévues atteignent 6.000 hectares dans le Loukkos et 5.000 hectares dans la Moulouya.
Les nouvelles plantations de canne à sucre seront concentrées dans deux régions. Le Gharb accueillera 2.000 hectares, contre 1.000 hectares dans le Loukkos.
Sur le plan économique, Cosumar table sur des retombées supérieures à 3 milliards de dirhams dans les territoires agricoles concernés. Ces revenus devraient notamment provenir de la production sucrière et de l’activité des exploitants liés au groupe.
Pour accompagner cette campagne, l’opérateur prévoit de mobiliser 800 millions de dirhams afin de financer en amont les besoins des agriculteurs en semences, fertilisants et produits de traitement. Ce dispositif s’appuie sur le modèle d’agrégation agricole développé par Cosumar.
Un réseau de plus de 120 conseillers assurera également le suivi technique des exploitations.
Leur intervention couvrira les différentes étapes de production, depuis la préparation des cultures jusqu’aux récoltes, avec un accompagnement particulier en matière d’irrigation, de fertilisation et de protection des plantations.
Le groupe engage parallèlement une enveloppe de 390 millions de dirhams pour renouveler ses équipements agricoles et moderniser ses installations industrielles. Sur ce montant, 120 millions de dirhams seront affectés au matériel agricole utilisé dans les cultures sucrières.
La mécanisation des opérations sera renforcée par l’utilisation de technologies permettant de mieux gérer les ressources et les interventions sur les parcelles. Cosumar prévoit notamment de recourir aux drones pour certains traitements, à des systèmes d’irrigation intelligente et à des méthodes de fertilisation adaptées aux besoins des cultures.
Les exploitants pourront également s’appuyer sur ATTAISSIR, la plateforme numérique mise à leur disposition pour suivre leurs activités agricoles.
Les 270 millions de dirhams restants seront investis dans les unités industrielles du groupe. L’objectif annoncé est d’améliorer les équipements de réception des récoltes et les installations chargées de leur transformation.
Ces préparatifs succèdent à une campagne 2025-2026 durant laquelle la production de sucre blanc à partir des cultures nationales a atteint 240.000 tonnes. Ce résultat a été obtenu malgré les inondations survenues dans les zones agricoles du Gharb et du Loukkos.
Les rendements moyens enregistrés lors de cet exercice se sont établis à 55 tonnes par hectare pour la betterave et à 72 tonnes pour la canne à sucre.
Plusieurs mesures de soutien avaient été mises en place pour atténuer les difficultés rencontrées par les producteurs. L’État avait notamment accordé une aide de 80 dirhams pour chaque tonne de betterave livrée et de 70 dirhams par tonne de canne à sucre.
Les exploitants avaient également bénéficié de subventions sur les engrais. Dans les périmètres touchés par les inondations, les dettes contractées par les agriculteurs du Gharb et du Loukkos au titre de la campagne précédente avaient été annulées.
L’ensemble de ces interventions avait représenté une mobilisation financière de 425 millions de dirhams, avec une participation de Cosumar et de l’État pour certaines mesures.
Pour la campagne 2026-2027, le rétablissement partiel des réserves d’eau offre davantage de possibilités aux producteurs. Le maintien de conditions hydriques favorables au cours des prochains mois restera néanmoins déterminant pour atteindre les superficies et les niveaux de production envisagés.


