Les performances trimestrielles de Renault Group portent aussi l’empreinte du Maroc, où le constructeur reste solidement implanté. Au premier trimestre, le groupe a affiché un chiffre d’affaires de 12,53 milliards d’euros, en hausse de 7,3 %, dépassant largement les prévisions des analystes. Cette progression repose en partie sur ses activités avec des partenaires, mais elle intervient aussi dans un contexte marqué par des perturbations logistiques ayant directement touché le Royaume.
Le site industriel de Tanger s’est retrouvé au cœur de ces tensions en début d’année. Pendant une dizaine de jours, la fermeture du détroit de Gibraltar, provoquée par de fortes intempéries, a ralenti l’acheminement des pièces et l’expédition des véhicules assemblés au Maroc. Cet épisode a pesé sur les volumes globaux du groupe, en recul de 3,3 % sur la période, avec 546.183 unités écoulées.
Cette situation a particulièrement affecté Dacia, marque étroitement liée à la production marocaine, dont les ventes ont chuté de 16,3 %. À l’inverse, la marque Renault a enregistré une progression de 2,2 %, soutenue notamment par le renouvellement de la Clio et une montée en gamme qui a tiré les prix moyens vers le haut.
Malgré ces contraintes, le Maroc reste un pilier industriel pour le constructeur. L’usine de Tanger joue un rôle clé dans les chaînes d’approvisionnement et dans les exportations vers plusieurs marchés. Les difficultés rencontrées en début d’année illustrent d’ailleurs la dépendance de certains flux logistiques à ce hub stratégique.
En parallèle, la croissance du chiffre d’affaires a été portée par les activités avec les partenaires du groupe, notamment les programmes industriels pour Nissan et les opérations commerciales avec Geely. Ces contributions ont permis de compenser les effets des perturbations logistiques et de soutenir la dynamique globale.
Le directeur financier, Duncan Minto, se montre confiant pour la suite de l’année, évoquant un niveau de commandes solide. Le groupe maintient ses objectifs pour 2026, tout en restant attentif à l’évolution des coûts liés aux matières premières, à l’énergie et au transport dans un contexte international incertain.
La progression des ventes de véhicules électrifiés confirme également une tendance de fond, avec une hausse notable des modèles électriques et hybrides dans les volumes globaux. Une évolution qui s’inscrit dans la transformation du groupe, mais dont une partie de la production continue de s’appuyer sur des bases industrielles comme celles du Maroc.



