TAQA Morocco freine en 2025 mais accélère sa mutation

Le groupe TAQA Morocco a clos l’exercice 2025 sur des indicateurs en léger retrait, tout en conservant des niveaux d’activité jugés solides et en accélérant son virage stratégique vers les énergies bas carbone. Les comptes arrêtés fin mars font apparaître un chiffre d’affaires de 10,6 milliards de dirhams, en baisse de 2,2 pour cent sur un an.

Cette évolution s’explique notamment par une révision technique programmée de l’unité 6, mais aussi par un contexte moins favorable marqué par la fluctuation des prix du charbon et l’effet défavorable de la parité entre le dollar et le dirham. Malgré cela, le groupe a maintenu un taux de disponibilité élevé, à 92,1 pour cent, légèrement inférieur à celui enregistré un an plus tôt.

La rentabilité suit la même tendance. L’excédent brut d’exploitation recule à 3,2 milliards de dirhams, tandis que le résultat net part du groupe s’établit à 981 millions de dirhams contre plus d’un milliard en 2024. La marge opérationnelle reste néanmoins à un niveau robuste, autour de 23 pour cent, traduisant une maîtrise des coûts dans un environnement moins porteur.

Sur le plan financier, l’endettement demeure contenu avec un ratio dette nette sur EBITDA de 1,7 fois. Le groupe conserve ainsi une capacité d’investissement intacte pour soutenir ses projets à venir.

L’année 2025 marque surtout une accélération nette de la transformation du groupe. TAQA Morocco a engagé la construction du parc éolien de Boujmil, d’une capacité de 144 mégawatts, dont le financement devrait être finalisé au deuxième trimestre 2026. Parallèlement, le groupe a poursuivi la structuration de ses activités dans les métiers liés à la transition énergétique.

Quatre nouvelles filiales ont vu le jour, couvrant la production flexible bas carbone, les infrastructures de transport d’énergie et d’eau, le dessalement ainsi que les activités thermiques historiques. Cette réorganisation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique et hydrique.

Le projet d’hydrogène vert progresse également. Le consortium formé avec Moeve a franchi une étape importante avec la signature d’accords fonciers et le lancement d’études de faisabilité pour la production d’ammoniac vert et de carburants industriels.

En parallèle, TAQA Morocco a renforcé ses partenariats internationaux, notamment avec UK Export Finance et la Japan Bank for International Cooperation, afin de sécuriser le financement de ses futurs projets liés à la transition énergétique.

Sur le plan social et environnemental, le groupe poursuit ses engagements avec un objectif affiché de réduction de 25 pour cent de son intensité carbone d’ici 2030. Les actions menées ont également concerné la gestion de l’eau, la biodiversité et la formation des équipes, tandis que plus de 20 000 bénéficiaires ont été touchés par des initiatives sociales.

Le directoire propose enfin un dividende de 38 dirhams par action, en hausse de 3 pour cent par rapport à l’exercice précédent.

TAQA Morocco confirme ainsi sa volonté d’accélérer sa mutation vers un modèle énergétique décarboné, en misant sur les renouvelables, l’hydrogène vert et les infrastructures liées à l’eau, tout en maintenant ses fondamentaux opérationnels.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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