Taux obligataires : pourquoi les tensions pourraient se poursuivre

Le déficit de liquidité des banques marocaines s’est atténué entre le 16 et le 23 septembre 2026, tandis que les rendements des bons du Trésor ont évolué majoritairement à la hausse sur le marché secondaire. BMCE Capital Global Research anticipe désormais une augmentation des interventions de Bank Al-Maghrib et la poursuite, à court terme, des tensions sur les taux obligataires.

Sur la période étudiée, le déficit moyen de liquidité bancaire s’est réduit de 4,71 %, pour revenir à 133,8 milliards de dirhams. Dans le même temps, les avances à sept jours de Bank Al-Maghrib ont diminué de 460 millions de dirhams, à 54,2 milliards.

Le taux moyen pondéré du marché interbancaire est resté fixé à 2,25 %. Le MONIA a pour sa part terminé la période à 2,172 %. Les données présentées dans le rapport montrent également une diminution des placements du Trésor, dont l’encours quotidien maximal a atteint 3,4 milliards de dirhams, contre 5,1 milliards une semaine auparavant.

Cette détente du déficit ne devrait toutefois pas conduire Bank Al-Maghrib à réduire ses injections. Pour la période suivante, BMCE Capital Global Research prévoit au contraire une augmentation des avances à sept jours. Leur volume devrait atteindre 63,7 milliards de dirhams, contre 54,1 milliards précédemment, soit une hausse de près de 9,6 milliards.

Le marché des bons du Trésor a de son côté été marqué par une levée limitée lors de la dernière adjudication. Face à une demande proposée de 5,28 milliards de dirhams, le Trésor n’a retenu que 850 millions, soit un taux de satisfaction de 16 %.

L’intégralité du montant levé s’est concentrée sur la maturité à 52 semaines. Le taux limite s’est établi à 2,3495 %, avec un taux moyen pondéré de 2,3348 %. Le rendement primaire de cette échéance a ainsi progressé de 1,4 point de base.

Les mouvements ont été nettement plus prononcés sur le compartiment secondaire. Comme le montre la courbe présentée en page 3 du rapport, les rendements ont augmenté sur presque toutes les échéances. La hausse atteint 15,51 points de base sur le 30 ans et 12,41 points sur le 20 ans. Le 52 semaines gagne 8,60 points de base et le 2 ans 8,53 points. Le 5 ans fait exception avec un recul de 3,24 points de base.

À l’issue de ces mouvements, le rendement secondaire ressort à 2,15 % sur 13 semaines et à 2,22 % sur 26 semaines. Il atteint 2,34 % à 52 semaines et 2,54 % à deux ans. Sur les maturités longues, les niveaux s’établissent à 3,53 % sur dix ans, 3,90 % sur quinze ans, 3,99 % sur vingt ans et 4,35 % sur trente ans.

BMCE Capital Global Research s’attend à ce que cette orientation haussière se prolonge à court terme. Après le maintien du statu quo monétaire par Bank Al-Maghrib, les analystes estiment que les facteurs propres au marché obligataire devraient davantage dicter l’évolution des rendements.

Le faible taux de satisfaction de la dernière adjudication est notamment interprété comme le signe d’une prudence persistante des investisseurs institutionnels. Cette attitude pourrait continuer à peser sur les échéances courtes et intermédiaires recherchées par le Trésor. Les importantes tombées prévues en octobre pourraient accentuer cette configuration.

Sur le secondaire, BMCE Capital Global Research s’attend également au maintien des pressions haussières observées sur la majeure partie de la courbe. Le positionnement attentiste des investisseurs et l’approche de la fin du trimestre figurent parmi les facteurs avancés pour expliquer cette perspective.

Le marché de la dette privée a parallèlement enregistré plusieurs émissions. La BMCI affiche un certificat de dépôt à douze mois assorti d’un taux facial de 2,35 %. Maghrebail apparaît avec des bons de sociétés de financement à quatre ans au taux de 3,13 %, tandis que Société d’Équipement Domestique et Ménager affiche une échéance similaire à 3,51 %. Une obligation FPCT FT Consoper à neuf mois présente un taux facial de 2,32 %.

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