Tomates : le Maroc suspend ses exportations vers l’Afrique

Le Maroc a décidé, jeudi 5 novembre, d’interrompre provisoirement les expéditions de tomates destinées aux pays africains. Cette mesure intervient alors que les prix du produit connaissent une forte augmentation sur les marchés nationaux. Les autorités cherchent à renforcer les quantités disponibles pour les consommateurs marocains et à atténuer la pression sur les prix.

La décision a été confirmée à Reuters par Lahoucine Aderdour, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation des fruits et légumes (FIFEL), ainsi que par une source gouvernementale. Les opérateurs exportant vers les marchés africains ont déjà été avisés de cette restriction, dont la durée exacte n’a pas été précisée.

La flambée des prix s’explique notamment par le recul des rendements agricoles dans le Souss-Massa, principal bassin de production de tomates du Royaume. Les producteurs doivent également composer avec le renchérissement des engrais et du carburant, deux postes de dépenses qui pèsent sur les coûts de production.

Les ventes à destination de l’Union européenne restent toutefois autorisées. Selon la source gouvernementale citée par Reuters, la suspension concerne uniquement les marchés africains et ne touche pas les tomates commercialisées à des prix plus élevés en Europe. Le Maroc occupe la deuxième place parmi les fournisseurs de tomates de l’Union européenne, tandis que ses débouchés sur le continent africain représentent une part relativement modeste de ses exportations.

Présentée comme une disposition limitée dans le temps, cette restriction doit permettre de mieux réguler l’approvisionnement national. La même source assure que les expéditions vers les pays africains devraient reprendre prochainement, sans avancer de calendrier.

Cette intervention s’inscrit dans une série de mesures engagées pour contenir le coût des produits alimentaires. Le gouvernement avait déjà limité, par le passé, les exportations de certaines denrées fraîches afin de répondre aux besoins du marché marocain.

Interrogé jeudi sur cette suspension, le porte-parole du gouvernement, Samir Belfquih, n’a pas confirmé directement la mesure. Il a néanmoins réaffirmé que la souveraineté alimentaire constituait une priorité de l’exécutif. Quelques jours auparavant, le ministre des Finances, Fouzi Lekjaa, avait annoncé la volonté du gouvernement d’encadrer les exportations alimentaires pour contribuer à la baisse des prix.

Les pouvoirs publics poursuivent parallèlement leur soutien au transport, à travers le maintien des subventions destinées à limiter les répercussions des coûts logistiques sur les produits alimentaires. La création de sociétés régionales de distribution figure également parmi les projets annoncés, avec pour objectif de raccourcir les circuits de commercialisation et de réduire le poids des intermédiaires.

Sur les neuf premiers mois de 2026, les exportations agricoles marocaines ont progressé de 4,3 % par rapport à la même période de l’année précédente, pour atteindre 33,1 milliards de dirhams, soit environ 3,4 milliards de dollars.

L'invité du Nouvelliste Maroc

spot_img