La France reste le premier pays d’origine des transferts de fonds vers le Maroc. Environ un tiers des flux envoyés par les Marocains résidant à l’étranger proviennent de France, soit près de 3,3 milliards d’euros par an, a indiqué jeudi à Rabat Charles Thépault, chef de mission adjoint de l’ambassade de France au Maroc.
Intervenant lors d’une rencontre organisée à l’occasion de la Journée internationale des envois de fonds à la famille, il a souligné que la France représente environ 31 % des flux totaux reçus par le Royaume. Ces transferts illustrent, selon lui, la profondeur des liens humains, sociaux et économiques entre les deux pays.
Au-delà de leur poids financier, ces flux jouent un rôle direct dans la résilience des ménages, l’inclusion économique et le développement local. Ils traduisent aussi la solidarité familiale qui relie une partie importante de la diaspora marocaine à ses territoires d’origine.
Pour la France, l’enjeu consiste à penser ces transferts comme des outils d’investissement solidaire. Charles Thépault a insisté sur l’importance du dialogue bilatéral et multilatéral pour renforcer leur impact sur le développement, en particulier au profit des femmes et des jeunes dans les zones rurales.
À l’échelle globale, les transferts de fonds représentent une réalité économique majeure. Daniele Dotto, chef adjoint de la délégation de l’Union européenne au Maroc, a rappelé qu’ils mobilisent près d’un milliard de personnes dans le monde et génèrent environ 600 milliards d’euros.
Au Maroc, les quelque cinq millions de MRE contribuent de manière significative à l’économie nationale. Les transferts annuels avoisinent 120 milliards de dirhams, selon les éléments présentés lors de la rencontre. Ces montants soutiennent les familles, financent l’éducation des enfants et peuvent contribuer au lancement d’activités génératrices de revenus.
L’Union européenne travaille avec les autorités marocaines, Bank Al-Maghrib, le Fonds international de développement agricole et d’autres partenaires pour simplifier ces transferts et en réduire les coûts. L’objectif est de mieux mobiliser ces ressources au service du développement rural et économique, notamment pour les populations vulnérables.
Le programme DigitRemit s’inscrit dans cette logique. Il vise à promouvoir des solutions innovantes et inclusives pour renforcer l’impact des transferts des MRE sur le développement local, l’autonomisation des femmes et les opportunités économiques offertes aux jeunes.
Pour Meryem Azaiz Alaoui, chargée de la Facilité de financement pour les envois de fonds au FIDA au Maroc, les transferts ne doivent pas être considérés comme une finalité. Leur impact peut être renforcé lorsqu’ils sont associés à l’inclusion financière, à la digitalisation et à l’investissement productif, en particulier dans les zones rurales.
Organisée par le FIDA, avec l’ambassade de France au Maroc, Bank Al-Maghrib, le ministère de l’Agriculture et la délégation de l’Union européenne, la rencontre a mis en avant un message central. Les transferts des MRE ne sont pas seulement une source de soutien familial. Ils peuvent devenir un levier de développement plus structuré, à condition d’être mieux orientés vers l’investissement, l’inclusion et l’entrepreneuriat local.

