Accueil Maroc Un pétrolier sanctionné par l’UE est tracté vers le Maroc

Un pétrolier sanctionné par l’UE est tracté vers le Maroc

Un pétrolier sanctionné par l'UE est tracté vers le Maroc

Un pétrolier visé par des sanctions européennes est actuellement tracté en direction du port marocain de Tanger Med, sous escorte d’un navire de secours espagnol. L’information a été confirmée mardi par la Marine marchande d’Espagne.

Le navire, baptisé Chariot Tide et enregistré sous pavillon mozambicain, faisait route sans propulsion depuis le 22 janvier, après une panne moteur survenue au large d’Adra, dans les eaux internationales au sud de la province d’Almería. Il dérivait alors dans une zone relevant de la responsabilité espagnole en matière de recherche et de sauvetage.

Anciennement connu sous le nom de Marabella Sun, ce pétrolier est inscrit depuis novembre 2024 sur la liste noire de l’Union européenne. Bruxelles lui reproche d’avoir participé à l’exportation de pétrole russe via des pratiques jugées opaques et dangereuses. Le Royaume-Uni l’a également sanctionné, selon les autorités britanniques.

La Marine marchande n’a pas précisé pourquoi le navire n’avait pas été immobilisé, et le ministère espagnol de la Défense n’a pas donné suite aux demandes de précisions. Le remorqueur Clara Campoamor, relevant du service espagnol de sauvetage maritime, a été mobilisé pour accompagner le pétrolier en détresse jusqu’à Tanger Med. Le port marocain n’a, pour l’heure, formulé aucun commentaire.

Ce navire fait partie de la « flotte fantôme », un ensemble de tankers opérant en marge des circuits traditionnels. Selon plusieurs experts du secteur, entre 1 200 et 1 600 navires de ce type seraient en activité. Leur rôle : permettre à des pays sous sanctions comme la Russie, le Venezuela ou l’Iran d’écouler leur pétrole, en particulier vers la Chine ou l’Inde. Ces tankers naviguent souvent sans assurance réglementaire, sous des pavillons de complaisance, avec une traçabilité réduite voire inexistante.

Lundi, plusieurs pays riverains de la mer Baltique et de la mer du Nord ont lancé une alerte conjointe. Ils dénoncent les méthodes employées par ces navires pour échapper à la surveillance internationale, notamment la désactivation volontaire de leurs systèmes de localisation ou l’usage de fausses identités maritimes.

Le Maroc, proche allié des États-Unis, entretient aussi des relations suivies avec la Russie. Les deux pays ont conclu à l’automne un accord autorisant les chalutiers russes à opérer dans les eaux atlantiques du Royaume.

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