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samedi 10 janvier 2026

Visas : le Maghreb parmi les régions les plus fermées d’Afrique

Le dernier rapport sur l’ouverture des visas en Afrique, publié conjointement par la Banque africaine de développement et la Commission de l’Union africaine, confirme une réalité persistante : les pays du Maghreb figurent parmi les plus fermés du continent en matière de circulation intra-africaine.

En 2025, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Égypte occupent les profondeurs du classement. Aucun d’entre eux n’accorde un accès sans visa à la majorité des ressortissants africains. Dans la plupart des cas, l’obtention d’un visa reste obligatoire avant l’arrivée.

Le Maroc, souvent présenté comme un acteur engagé de la coopération Sud-Sud, affiche un score d’ouverture de 0,174 sur 1, loin derrière les pays d’Afrique de l’Est et de l’Ouest, aujourd’hui en tête du classement. L’Algérie (0,103), la Libye (0,090), la Tunisie (0,174) et l’Égypte (0,229) présentent des niveaux similaires, illustrant un bloc régional peu perméable à la libre circulation des Africains.

L’indice, qui analyse chaque année les politiques d’accès aux citoyens des 53 autres pays africains, met en évidence une fracture persistante entre le Maghreb et le reste du continent. Tandis que le Rwanda, le Bénin ou les Seychelles maintiennent une politique d’ouverture totale, le nord du continent reste à l’écart des dynamiques d’intégration, malgré les discours récurrents sur la solidarité panafricaine.

Ce contraste est d’autant plus notable que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ambitionne de faire de la mobilité des personnes un pilier de l’intégration économique. Le rapport alerte à ce titre sur l’incohérence entre les engagements politiques affichés et la réalité administrative observée sur le terrain.

Les auteurs du document appellent les États membres à harmoniser leurs politiques de visas, en particulier dans les régions les moins ouvertes. L’ouverture, rappellent-ils, n’est pas uniquement une question de tourisme ou de symbolique politique. Elle est un vecteur de croissance, de résilience économique et de coopération durable entre pays africains.

En maintenant une politique de fermeture, le Maghreb prend le risque de rester en marge de ces dynamiques, au moment où d’autres régions du continent misent sur la libre circulation comme levier stratégique.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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