Les investisseurs ont retrouvé un peu de calme sur les marchés cette semaine, portés par des signaux jugés rassurants en provenance de la Réserve fédérale américaine. À défaut de certitudes, la perspective d’une politique monétaire plus lisible a suffi à relancer les indices américains, en dépit des doutes qui pèsent sur l’intelligence artificielle, thématique jusque-là dominante.
À New York, plusieurs indices ont renoué avec des niveaux records. Le S&P 500 a terminé la séance de mardi à 6 901 points, en hausse de 0,2 %, établissant un nouveau sommet de clôture. Le Dow Jones et le Russell 2000 ont également inscrit des plus hauts historiques. Le Nasdaq 100 reste à la traîne, pénalisé par le repli des grandes valeurs de l’IA. Oracle a chuté de 11 % après ses résultats trimestriels, et Nvidia a cédé 1,5 %. Broadcom, qui publiait après la clôture, a déçu malgré de bons chiffres, perdant 4,5 % dans les échanges hors séance.
Ce recul du compartiment technologique n’a toutefois pas freiné la tendance générale. Le rebond des actions s’appuie désormais sur une base plus large, avec une diversité accrue des moteurs de performance. L’intelligence artificielle n’est plus l’unique catalyseur de Wall Street.
En Europe, le Stoxx Europe 600 s’est approché de son pic du mois de novembre, dépassant brièvement les 581 points. Le secteur de la défense, en léger retrait, a pesé sur l’indice. Cette baisse intervient alors que l’Ukraine multiplie les signaux d’ouverture pour avancer vers un cessez-le-feu. Kiev a proposé la création d’une zone démilitarisée dans le Donbass. Donald Trump, qui a salué cette initiative, a évoqué la possibilité d’envoyer un émissaire américain aux discussions européennes ce week-end, en cas d’évolution favorable.
La perspective d’une désescalade a tiré les cours du pétrole vers le bas, une baisse partiellement contrebalancée par la saisie d’un navire pétrolier vénézuélien par les États-Unis.
À Paris, le CAC 40 va intégrer Eiffage en remplacement d’Edenred. Ce changement illustre l’évolution du groupe de BTP, devenu un acteur majeur des concessions et de l’énergie. Il confirme aussi les difficultés des entreprises technologiques françaises à s’imposer durablement dans l’indice, comme l’ont montré les revers récents d’Atos ou de Worldline.
À l’international, Cisco a fait parler d’elle après avoir franchi, pour la première fois en 25 ans, son sommet historique de mars 2000, à la veille de l’éclatement de la bulle internet. Cette performance réveille les souvenirs d’une autre époque et alimente les comparaisons, parfois hasardeuses, avec Nvidia, figure centrale de l’IA en 2025.
En France, Orange peine à retrouver son éclat passé. L’action a récemment atteint les 14 euros, un sommet de cinq ans, loin toutefois de son record absolu de plus de 200 euros, établi en 2001. Même constat pour Société Générale, dont le cours a quintuplé depuis 2020, mais reste éloigné de ses niveaux de 2007.
En Asie-Pacifique, les marchés ont terminé la semaine dans le vert. Le Japon, l’Australie, la Corée du Sud et Hong Kong ont gagné plus de 1 %, l’Inde et Taïwan ont progressé de 0,5 %. Les places européennes ouvraient également en hausse, malgré la baisse de Broadcom.
Le CAC 40 avançait de 0,15 % à 8 098 points à l’ouverture, tandis que le SMI suisse prenait 0,1 %. Le Bel 20 belge reculait légèrement de 0,2 %.
Sur le plan macroéconomique, les investisseurs attendent la publication du PIB mensuel britannique et les chiffres définitifs de l’inflation française pour novembre. Deux membres de la Fed prendront la parole dans l’après-midi.




