Rabat accueille désormais le siège des Capitales africaines de la Culture. L’inauguration de cette institution continentale, jeudi, consacre le rôle que le Maroc entend jouer dans la structuration d’un espace culturel africain plus organisé, plus connecté et plus visible.
La cérémonie s’est tenue en présence de personnalités du monde de la culture et de la diplomatie, dont le président du Comité des Capitales africaines de la Culture, Adama Traoré, le Secrétaire général par intérim du département de la Culture au ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Salah-Eddine Abkari, ainsi que plusieurs ambassadeurs de pays africains accrédités au Maroc.
L’installation de ce siège à Rabat donne une base institutionnelle permanente à un programme né dans une logique panafricaine. Les Capitales africaines de la Culture visent à promouvoir la culture comme pilier du développement durable, à renforcer les industries culturelles et créatives, à soutenir la mobilité des artistes et à valoriser les patrimoines matériels et immatériels du continent.
Dans une allocution lue en son nom, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a mis en avant la richesse culturelle et linguistique de l’Afrique. Il a souligné que, sous la conduite éclairée de S.M. le Roi Mohammed VI, le Maroc inscrit son émergence dans son environnement africain et place la culture et le capital humain au cœur du progrès.
Le ministre a également insisté sur un enjeu plus économique. Les industries culturelles et créatives africaines disposent d’un potentiel important, porté par une jeunesse mieux formée et connectée, mais elles restent confrontées à une faiblesse structurelle, celle de voir une partie des talents et des imaginaires nourrir des industries culturelles importées. Pour Rabat, le programme des Capitales africaines de la Culture doit contribuer à bâtir un espace d’échange transafricain et à doter le continent d’outils de souveraineté culturelle, médiatique et numérique.
Adama Traoré a replacé l’inauguration dans une trajectoire commencée à Marrakech en 2018, lors du Sommet Africités. Selon lui, l’Afrique ne pourra construire pleinement son avenir qu’en s’appuyant sur sa culture, sa créativité, sa jeunesse, ses patrimoines et la richesse de ses imaginaires. Le siège de Rabat est ainsi présenté comme une maison commune, destinée au dialogue, à la réflexion et à la coopération entre villes africaines.
Rabat avait accueilli l’édition fondatrice du programme en 2022. La prochaine étape majeure est prévue en 2028 au Cabo Verde, avec Praia comme ville hôte. Ce choix doit ouvrir une nouvelle géographie culturelle africaine, atlantique, créole et diasporique.
Le siège inauguré à Rabat accueillera les réunions des instances du programme, accompagnera les futures villes hôtes et favorisera la mise en réseau des acteurs culturels, des collectivités territoriales, des artistes, des chercheurs et des opérateurs culturels africains.
Au-delà de la portée symbolique, cette installation renforce la place de Rabat dans la diplomatie culturelle africaine. Elle donne au Maroc un rôle d’accueil et de coordination dans un domaine où les enjeux ne sont plus seulement patrimoniaux. La culture devient aussi un levier d’emploi, de création, d’influence, de circulation des talents et de développement des industries créatives.

