L’économie marocaine a conservé un rythme de croissance soutenu au premier trimestre 2026, même si l’activité a légèrement ralenti par rapport à la même période de 2025. Le PIB en volume, corrigé des variations saisonnières, a progressé de 4,6 %, contre 5 % un an plus tôt, selon les comptes nationaux du premier trimestre.
Cette performance repose d’abord sur le net rebond du secteur primaire. Sa valeur ajoutée a augmenté de 17,3 %, après 7,7 % au premier trimestre 2025. L’agriculture a porté l’essentiel de cette hausse, avec une progression de 18,4 %, contre 8,1 % un an auparavant. À l’inverse, la pêche a reculé de 1,9 %, après une baisse de 1 % sur la même période de l’année précédente.
Le profil de croissance reste toutefois contrasté. Les activités non agricoles ont ralenti, avec une progression limitée à 2,6 %, contre 4 % au premier trimestre 2025. Le secteur secondaire a même affiché une baisse de 1 %, alors qu’il avait progressé de 2,9 % un an plus tôt. Ce recul tient notamment à la contraction de l’électricité et eau, de l’industrie d’extraction et des industries de transformation, tandis que la construction a nettement ralenti à 1,5 %, après 7,1 %.
Le tertiaire a mieux résisté, mais son rythme s’est légèrement tassé. Sa valeur ajoutée a augmenté de 4,3 %, contre 4,5 % au premier trimestre 2025. Les services financiers et assurances ont accéléré à 7,6 %, le transport et entreposage à 4,8 %, tandis que l’information et la communication a renoué avec une hausse de 2 %, après une baisse de 1,7 % un an plus tôt. D’autres branches ont ralenti, notamment l’hébergement et la restauration, l’éducation, la santé et l’action sociale, le commerce, les services immobiliers et les services rendus aux entreprises.
La demande intérieure reste le principal moteur de l’activité. Elle a progressé de 6,5 %, contre 6,4 % un an plus tôt, avec une contribution de 6,9 points à la croissance nationale. La consommation finale des ménages a augmenté de 4,6 %, après 1,1 % au premier trimestre 2025, tandis que celle des administrations publiques a progressé de 4,9 %, contre 3,5 %. L’investissement brut a continué d’augmenter, mais à un rythme moins rapide, passant de 19,6 % à 10,8 %.
Les échanges extérieurs ont pesé davantage sur la croissance. Les importations de biens et services en volume ont augmenté de 12,7 %, contre 7,3 % un an plus tôt, avec une contribution négative de 6,1 points. Les exportations ont progressé de 9,2 %, après 7,9 %, contribuant positivement à hauteur de 3,8 points. Au total, les échanges extérieurs ont retiré 2,3 points à la croissance, contre 0,3 point au premier trimestre 2025.
Aux prix courants, le PIB a augmenté de 5,7 %, après 6,6 % un an auparavant. Le niveau général des prix a ainsi ralenti à 1,1 %, contre 1,6 %. Le revenu national brut disponible a progressé de 6,8 %, soutenu par la hausse de 23,8 % des revenus nets reçus du reste du monde. L’épargne nationale s’est établie à 31,4 % du PIB, tandis que l’investissement brut a représenté 32,9 %. Le besoin de financement de l’économie s’est ainsi situé à 1,5 % du PIB, contre 1,2 % un an plus tôt.

