Fès franchit une nouvelle étape dans sa préparation à la Coupe du Monde 2030. Un marché estimé à 2,816 milliards de dirhams vient d’être lancé pour la mise à niveau du Complexe sportif de la ville, à travers un appel d’offres ouvert à l’international porté par l’Agence nationale des équipements publics.
Le projet ne se limite pas à une rénovation classique. Le cahier des prescriptions impose une conception alignée sur les standards de durabilité de la FIFA, avec l’ambition de doter Fès d’une infrastructure capable d’accueillir de grands rendez-vous internationaux tout en réduisant son impact environnemental.
Le Complexe sportif doit notamment s’inscrire dans une démarche visant l’obtention de la certification Haute Qualité Environnementale Infrastructures Durables. Cette exigence couvre aussi bien la conception que la construction et l’exploitation future du site.
L’écoconception, la préservation de la biodiversité, la gestion des ressources et le confort des usagers figurent parmi les priorités. Les entreprises retenues devront également assurer un suivi précis des performances environnementales et mobiliser des équipes spécifiquement formées à ces enjeux.
Le chantier devra répondre à des règles strictes destinées à limiter les nuisances. Une gestion encadrée de l’érosion, des déchets et de la qualité de l’air sera imposée tout au long des travaux.
La consommation énergétique constitue un autre axe majeur. Le projet prévoit une baisse d’au moins 30 % par rapport à une conception standard, grâce à l’éclairage LED, à des systèmes de climatisation et de ventilation plus performants ainsi qu’à une meilleure isolation thermique.
Une partie de l’énergie consommée devra également provenir de sources renouvelables, à hauteur de 5 à 10 %. Un système de gestion centralisée doit permettre de suivre et d’optimiser les consommations du complexe.
L’eau fait l’objet d’objectifs tout aussi ambitieux. La consommation devra être réduite d’au moins 40 % grâce à des équipements plus économes et à la récupération des eaux pluviales et des eaux grises pour certains usages non potables, notamment l’irrigation.
Le projet mise aussi sur une réduction de l’empreinte carbone des matériaux. Le béton bas carbone, le ferraillage recyclé, les matériaux biosourcés et les approvisionnements locaux seront privilégiés afin de limiter les émissions liées à la construction et au transport.
L’intégration urbaine du complexe est également prise en compte. Les accès en transports en commun, les cheminements piétons et les pistes cyclables devront être améliorés, tandis que l’artificialisation des sols devra être limitée autant que possible.
La gestion des déchets suivra une logique d’économie circulaire, avec des obligations de tri, de réemploi, de recyclage et de traçabilité des matériaux.
Le confort des spectateurs, des joueurs et du personnel figure enfin parmi les critères du futur équipement, avec des exigences portant sur l’acoustique, la température, la qualité de l’air intérieur et la sécurité face aux risques naturels et climatiques.
Avec cet investissement de plus de 2,8 milliards de dirhams, le Maroc poursuit la modernisation de ses grandes infrastructures sportives en vue du Mondial 2030, que le Royaume coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Fès s’inscrit ainsi pleinement dans cette dynamique nationale, avec un projet qui associe ambition sportive, durabilité et modernisation urbaine.


