Le conflit autour de la réforme de la profession d’avocat reste entier. Réunie lundi 18 août à Rabat, l’Association des barreaux du Maroc a décidé de prolonger l’arrêt total des prestations professionnelles et de maintenir la suspension de l’assistance judiciaire. Une nouvelle séquence de mobilisation se prépare, avec un Conseil extraordinaire convoqué pour le 5 septembre.
L’organisation considère que le désaccord dépasse le seul cadre professionnel. Elle rattache sa contestation à l’indépendance de l’avocat, au fonctionnement de la justice et à la protection des droits et libertés.
La méthode suivie pour élaborer le projet de réforme reste au cœur des critiques. L’Association estime que le processus n’a pas suffisamment associé les représentants de la profession et reproche au gouvernement de ne pas avoir respecté certains engagements pris au cours des discussions.
Le texte lui-même fait également l’objet d’une forte opposition. Les barreaux estiment que plusieurs dispositions pourraient fragiliser l’autonomie de la profession et remettre en cause certains principes liés à son autorégulation.
Le différend s’est désormais déplacé sur le terrain institutionnel. L’Association conteste aussi les conditions dans lesquelles la Cour constitutionnelle a été saisie et évoque un problème de forme qu’elle juge difficilement compréhensible.
Elle demande notamment des clarifications sur ce qu’elle considère comme un décalage entre la décision de la Cour et les courriers adressés par les présidents des deux Chambres du Parlement.
Le ton se durcit également à l’égard de l’Exécutif. L’Association lui attribue la responsabilité de la prolongation du conflit et des perturbations qui en résultent pour le fonctionnement de la justice.
Selon elle, la crise dure depuis près d’une centaine de jours et affecte directement les justiciables. La question de l’accès au service public de la justice devient ainsi l’un des principaux points de tension du dossier.
La suspension de l’assistance judiciaire est maintenue, aussi bien pour les nouvelles désignations que pour l’exécution des dossiers déjà concernés. Cette décision prolonge une mobilisation dont les conséquences dépassent désormais les seuls rapports entre les barreaux et le gouvernement.
L’Association prépare parallèlement d’autres formes de protestation. Elle annonce des étapes progressives de mobilisation sans en préciser encore les modalités.
Le prochain rendez-vous est fixé au 5 septembre à Rabat. Le Conseil extraordinaire doit se tenir au Club des avocats de Souissi afin d’évaluer l’évolution du dossier et de décider de la suite du mouvement.
Le bureau de l’Association a également choisi de maintenir sa réunion ouverte, ce qui lui permettra d’adapter rapidement sa position en fonction des développements à venir.
À ce stade, aucun signe de rapprochement n’apparaît entre les deux camps. Faute de reprise effective du dialogue, le conflit autour de la réforme de la profession d’avocat pourrait donc se prolonger et continuer à peser sur le fonctionnement de la justice.


