Le déficit de liquidité bancaire se creuse à 142,1 milliards de dirhams

La liquidité bancaire continue de se resserrer au Maroc. Le déficit moyen du système s’est établi à 142,1 milliards de dirhams sur la période étudiée par BMCE Capital Global Research, en hausse de 1,98%, selon son dernier Fixed Income Weekly publié le 10 septembre 2026.

Cette évolution intervient alors que les avances à sept jours de Bank Al-Maghrib ont diminué de 3,72 milliards de dirhams, pour ressortir à 55,7 milliards. Le taux moyen pondéré interbancaire est resté stable à 2,25%, tandis que le MONIA s’est établi à 2,206%.

Les placements du Trésor sur le marché monétaire ont également reculé. Leur encours quotidien maximal a atteint 7,4 milliards de dirhams, contre 9,4 milliards une semaine auparavant. Au 9 septembre, l’encours quotidien ressortait à 4,5 milliards, après un pic hebdomadaire enregistré le 3 septembre.

Bank Al-Maghrib devrait poursuivre la réduction de ses interventions durant la période suivante. BMCE Capital Global Research prévoit des avances à sept jours de 54,6 milliards de dirhams, contre 55,7 milliards précédemment. Le montant annoncé pour la période allant du 10 au 17 septembre ressort effectivement à 54,64 milliards, en baisse de 1,1 milliard.

Le resserrement se manifeste également sur le marché des Bons du Trésor. Lors de la dernière adjudication, le Trésor a retenu 3,74 milliards de dirhams sur les 6,5 milliards proposés par les investisseurs, soit un taux de satisfaction de 58%. L’intégralité de la levée s’est concentrée sur la maturité à cinq ans.

Le taux limite de cette échéance s’est fixé à 3,0360%, tandis que le taux moyen pondéré a atteint 2,9965%. BMCE Capital Global Research relève une hausse de 7,4 points de base du taux primaire sur cette maturité.

Le mouvement s’est prolongé sur le marché secondaire, où les rendements ont progressé sur l’ensemble des échéances suivies. La maturité à cinq ans a enregistré la hausse la plus importante, avec 6,90 points de base, devant le 13 semaines à 4,12 points, le deux ans à 2,73 points et le dix ans à 1,62 point.

Les taux secondaires ressortent ainsi à 2,15% sur 13 semaines, 2,21% sur 26 semaines et 2,23% sur 52 semaines. Ils atteignent 2,43% à deux ans et 2,91% à cinq ans, avant de monter à 3,31% à dix ans, 3,67% à quinze ans, 3,79% à vingt ans et 4,16% à trente ans. La courbe présentée dans le rapport fait apparaître cette remontée des rendements sur les différentes maturités.

Sur le compartiment de la dette privée, plusieurs opérations apparaissent durant la semaine. CFG Bank affiche un certificat de dépôt à six mois assorti d’un taux facial de 2,30%. Wafasalaf présente des Bons de Sociétés de Financement à trois ans au taux de 3,60%, tandis qu’OCP SA affiche des billets de trésorerie à six mois rémunérés à 2,36%. Aucune émission obligataire n’est recensée.

Pour les prochaines semaines, BMCE Capital Global Research s’attend au maintien de légères tensions sur le marché primaire. Le resserrement progressif de la trésorerie du Trésor, visible à travers la diminution de ses placements sur le marché monétaire, pourrait continuer à peser modérément sur les parties intermédiaires et longues de la courbe.

La sélectivité accrue des investisseurs face aux volumes proposés constitue un autre élément suivi par les analystes. Le contexte pourrait devenir plus tendu à l’approche d’importantes tombées prévues en octobre. La prochaine décision du comité de politique monétaire de Bank Al-Maghrib, attendue le 22 septembre, constituera également un rendez-vous déterminant pour l’évolution du marché.

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