Le Maroc pèse directement sur les perspectives d’exportation du blé français. FranceAgriMer a revu à la baisse ses prévisions de ventes de blé tendre hors de l’Union européenne pour la campagne 2026/2027, en citant notamment un recul attendu de la demande marocaine.
Les expéditions françaises vers les marchés extérieurs à l’UE sont désormais estimées à 6,3 millions de tonnes, contre 7 millions envisagées en juillet. Ce volume représenterait une diminution de 15% par rapport à la campagne précédente.
Parmi les facteurs avancés pour expliquer cette révision figure le marché marocain. Selon Thibaut Champagnol, de l’unité céréales de FranceAgriMer, une demande moins importante en provenance du Royaume devrait peser sur les exportations françaises. Une concurrence plus forte pourrait également apparaître au cours de la campagne si les perturbations des échanges en mer Noire liées à la guerre venaient à diminuer.
Le Maroc apparaît ainsi parmi les débouchés dont l’évolution est prise en compte dans les nouvelles projections françaises. Le recul anticipé des achats marocains intervient alors que FranceAgriMer prévoit également une contraction des ventes de blé tendre français à l’intérieur de l’Union européenne. Celles-ci sont attendues à 7,1 millions de tonnes, contre une précédente estimation de 7,4 millions, soit 10% de moins sur un an.
La situation française est aussi marquée par les difficultés rencontrées sur le maïs. La chaleur et la sécheresse ont fortement affecté la récolte, annoncée comme la plus faible depuis les années 1970. Une partie de la demande destinée à l’alimentation animale devrait par conséquent se reporter vers le blé.
Cette évolution, combinée à une révision des stocks de la campagne précédente, conduit FranceAgriMer à ramener sa prévision de stocks de blé tendre en fin de campagne à 3,01 millions de tonnes. En juillet, l’office tablait encore sur 3,65 millions.
La tension est particulièrement marquée pour le maïs. Les réserves françaises de fin de campagne sont attendues à 1,46 million de tonnes, en baisse de 26% sur un an. Il s’agirait du niveau le plus faible enregistré dans les données de FranceAgriMer depuis la campagne 1996/1997. L’utilisation du maïs pour l’alimentation animale devrait parallèlement chuter de 30%.
Dans ce contexte de contraction des disponibilités françaises et de réorientation des flux, l’évolution des achats du Maroc fait partie des éléments susceptibles d’influencer les exportations françaises de blé tendre au cours de la campagne 2026/2027.


